RCA : l'ONU dénonce les violences qui sapent les efforts de réconciliation

21 mars 2018

Lors d’un dialogue de haut niveau sur la situation des droits de l’homme République centrafricaine (RCA), le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, Andrew Gilmour, a déploré que les efforts de réconciliation dans le pays aient été sapés par les violences entre les groupes armés.  Les discours et les appels à la haine ont encore davantage détérioré la situation. 

Face à la recrudescence préoccupante de la violence et de la haine ethnique, la communauté internationale devait rester engagée envers la République centrafricaine pour éviter de nouvelles violations massives, a plaidé M. Gilmour. Dans ce contexte, il a condamné   l’assassinat de six personnes travaillant dans le domaine de l’éducation dans le Nord-Ouest du pays.

De son côté, le Représentant spécial adjoint pour la République centrafricaine et Chef adjoint de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA), a insisté sur la persistance de violences épouvantables qui continuent d’être commises dans plusieurs régions du pays, avec des villageois voyant perpétuellement leur vie menacée.

La feuille de route pour la paix est en cours, selon l’Experte indépendante de l’ONU

Selon M. Kenneth Gluck, la division des droits de l’homme de la MINUSCA a enregistré l’année dernière près de 3.000 violations sérieuses dont, parfois, de terribles atrocités.  Environ 1 800 de ces violations ont impliqué des groupes armés qui continuent de s’en prendre aux civils malgré leur engagement à déposer les armes et à respecter les droits fondamentaux dans plusieurs accords qu’ils ont signés.

Malgré ce sombre tableau décrit par ces deux hauts responsables de l’ONU, l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine a averti que la violence n’a plus sa place dans ce pays. Une façon pour Mme Marie-Thérèse Keita Bocoum de rappeler aux groupes armés invités à la table des négociations, de respecter leurs engagements. Selon Marie-Thérèse Keita Bocoum, la feuille de route pour la paix en République centrafricaine est en cours.

S’agissant de la lutte contre l’impunité, l’Experte a noté des signes encourageants, avec notamment le procès historique de l’ancien chef anti-Balaka Andjilo. Pour autant, plusieurs entraves au retour de l’État de droit et à l’affirmation de la chaine pénale persistent, laissant libre cours à de nombreux cas de justice populaire, dont la plupart sont constitutifs de traitement cruels et inhumains.

Finalement lors des débats, des délégations ont noté les progrès réalisés dans le cadre de l’Initiative de l’Union africaine pour la paix et la réconciliation articulée autour d’une stratégie pour restaurer la stabilité du pays.  Mais pour l’ONU, l’appui au processus de paix doit se concentrer sur le dialogue pour la réconciliation en se basant sur la société civile, y compris les femmes et les jeunes.  

 

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