En Érythrée, les arrestations et détentions arbitraires sont toujours la norme (ONU)

14 mars 2018

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a appelé mercredi Asmara à libérer immédiatement toutes les personnes détenues illégalement et arbitrairement et à respecter pleinement leur droit à un procès équitable.

Devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme, Kate Gilmore, a indiqué que la détention arbitraire sans inculpation, ni jugement, est toujours la norme en Erythrée et touche des milliers de personnes incarcérées dans les cellules du pays.

« L'année dernière, il y a eu des allégations d'arrestations de plus de 100 personnes pratiquant des religions non officiellement reconnues par l'État, ainsi que des allégations de répression d'une manifestation devant une école islamique », a déclaré Mme Gilmore, tout en soulignant les difficultés à vérifier ces allégations étant donné l'accès restreint à l’Erythrée et l'absence d'acteurs indépendants, qu'il s'agisse des médias ou des organisations non gouvernementales.

Depuis la dernière mise à jour à la session du Conseil de juin 2016, le Haut-Commissariat a continué le dialogue avec les autorités érythréennes. En octobre dernier, le HCDH a effectué sa quatrième mission de terrain dans le pays depuis 2014 et a pu rencontrer de hauts responsables avec lesquels un dialogue franc et direct a eu lieu.

Selon la Haut-Commissaire adjointe, les questions du renforcement de l’état de droit, de l’accès à la justice, de la limitation du service militaire, de la libération des personnes arbitrairement détenues, des disparitions forcées ou encore de l’application de la Constitution ont été abordées lors de cette mission.

Le gouvernement s’est engagé à considérer toutes ces questions. Cependant, contrairement à ce que demande la résolution 35/35 du Conseil des droits de l’homme, Asmara n’a pas fourni au Haut-Commissariat les informations concernant les personnes détenues, dont les membres du groupe de journalistes dénommé G-15, a déclaré Mme Gilmore.

L’ONU a appelé Asmara à fournir des informations sur le sort des personnes disparues et à permettre aux membres des familles concernées de pouvoir saisir la justice.

« Comme je l'ai mentionné lors du Dialogue interactif sur l'Érythrée, les conclusions rendues en 2016 par la Commission d'enquête sur les droits de l'homme en Érythrée continuent d'être pertinentes, notamment leurs conclusions sur le recours fréquent aux arrestations et détentions arbitraires », a déclaré la Haut-Commissaire adjointe.

En 2016, cette même Commission d'enquête avait trouvé des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l'humanité, notamment l'esclavage, l'emprisonnement, les disparitions forcées, la torture et la persécution avaient été commis depuis 1991 en Erythrée.

Dans ce contexte, le mandat de la commission d’enquête sur l’Érythrée reste pertinent, même si le gouvernement s’est engagé à poursuivre sa coopération avec le HCDH, a souligné Mme Gilmore.

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