Au Conseil de sécurité, la Présidence de l’OSCE rappelle que la sécurité est un bien public commun

8 mars 2018

L’Italie est le Président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour l’année 2018 et c’est à ce titre que le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale italien, Angelino Alfano, a rappelé jeudi aux membres du Conseil de sécurité des Nations Unies le rôle essentiel de l’organisation basée à Vienne.

Composée de 57 États d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, l’OSCE se caractérise par la diversité de ses membres; leur égalité - chacun disposant d’une voix; l’absence de structure juridique rigide qui permet de réagir rapidement aux crises politiques; et la recherche du nécessaire consensus, qui incite à rechercher une position commune laquelle facilite ensuite la mise en œuvre des actions.

Du fait des risques de sécurité en Europe, un tel lieu de dialogue est de grande valeur, a ajouté M. Alfano : même si le dialogue ne conduit pas forcément à des solutions, il peut consolider la confiance entre les parties. La confiance est porteuse de résultats à long terme et, à l’OSCE, la confiance est un élément important parce que les discussions s’inspirent des principes d’égalité et de neutralité. 

La sécurité est un « bien public commun », a rappelé M. Alfano, qui s’est dit convaincu que le principe de sécurité collective, sur lequel repose l’OSCE, est le bon. Il permet notamment de travailler avec les Nations Unies ou encore l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

La crise ukrainienne a créé une « crise de confiance »

La crise ukrainienne met à rude épreuve les valeurs fondamentales de l’Organisation, a reconnu le Ministre, car elle crée une crise de confiance. Il faut donc rétablir cette confiance. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, sa première mission a été un déplacement à Kiev, à Moscou et dans le Donbass pour délivrer un message clair en faveur de la mise en œuvre complète des accords de Minsk.

M. Alfano a en outre affirmé que la mission d’observation de l’OSCE en Ukraine était « un succès », malgré des conditions difficiles. Il a jugé positif le fait que tant la Fédération de Russie que l’Ukraine aient reconnu la nécessité d’une mission d’appui des Nations Unies, tout en jugeant essentielle une coordination constante avec l’OSCE.

Au-delà de la crise ukrainienne, l’OSCE met aussi l’accent sur les conflits prolongés, a poursuivi le Ministre. Ainsi, elle appuie les discussions de Genève sur la Géorgie, tout en promouvant un dialogue informel. Concernant le Haut-Karabakh, l’Organisation poursuit le travail des coprésidents du Groupe de Minsk pour une solution définitive au conflit. Enfin, elle cherche à profiter de l’élan positif en Transnistrie. 

Ne pas détourner le regard de la Méditerranée

Les questions de sécurité opposent aujourd’hui comme hier l’Est et l’Ouest, mais il faut aussi regarder vers le Sud et la Méditerranée, a poursuivi M. Alfano, qui a insisté sur le fait que la Méditerranée a beau être une petite mer, elle compte pour beaucoup en matière de sécurité mondiale. Il est donc essentiel pour l’OSCE d’intensifier son dialogue et sa coopération avec les pays partenaires du sud de la Méditerranée.

Le Ministre a rappelé à cet égard la Conférence méditerranéenne de Palerme organisée en octobre dernier et a souhaité que l’« esprit de Palerme » contribue à faciliter le dialogue entre pays riverains de la Méditerranée et à construire un véritable partenariat entre les 57 membres de l’OSCE et leurs partenaires méditerranéens, comme l’« esprit d’Helsinki » avait pu le faire il y plus de 40 ans entre l’Est et l’Ouest.

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