Libye : le HCR préoccupé par le sort des habitants de Tawergha bloqués hors de leur ville

23 février 2018

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est vivement préoccupée par le sort de plusieurs centaines de familles libyennes empêchées, par des groupes armés, de rentrer chez elles à Tawergha. Aujourd’hui ce groupe est bloqué hors de sa ville d’origine et vit dans des conditions précaires.

« Les habitants de Tawergha sont déplacés depuis 2011, quand 40.000 d’entre eux avaient été forcés à partir », a déclaré la porte-parole du HCR lors d’un point de presse ce vendredi à Genève. Depuis, ils sont dispersés à travers tout le pays. Après l’autorisation de retour délivrée par un décret du Conseil de Présidence à partir du 1er février, plusieurs centaines de familles ont tenté de retourner à Tawergha. Depuis plusieurs localités en Libye - dont Bani Walid, Tripoli et Benghazi - quelque 2.000 personnes se sont alors dirigées vers Tawergha. « Mais des groupes armés les ont stoppées en chemin », a ajouté Cécile Pouilly.

Repoussées de nouveau, beaucoup ont rejoint deux sites temporaires - Qarat al-Qataf, à environ 40 kilomètres de Tawergha, et Harawa, à environ 60 kilomètres à l’est de Syrte. Plus de 1.200 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, y vivent aujourd’hui dans des conditions effroyables.

Face à cette humanitaire, le HCR et son partenaire LibAid y ont livré ces trois dernières semaines, du matériel de secours à ces déplacés, notamment des tentes, des couvertures et des vêtements d’hiver pour faire face aux températures extrêmement basses dans cette région. L’Agence onusienne rappelle que les personnes vivant dans ces sites ont besoin d’urgence de logements décents, d’eau potable, de nourriture, de soins médicaux et d’une assistance spécifique pour les enfants et les bébés.

Dans ces conditions, le HCR continue de plaider en leur faveur et de leur venir en aide jusqu’à ce qu’elles puissent bénéficier de solutions durables, notamment le retour librement consenti, dans la dignité et la sécurité.

En attendant pour répondre aux besoins de plus d’un demi-million de Libyens déracinés par le conflit, le HCR a augmenté ses capacités et ses ressources de 300 pour cent ces derniers mois.

Le HCR fournit une aide humanitaire dans les installations de déplacés, notamment au moyen de projets communautaires à petite échelle, d’allocations en espèces et d’activités en matière de protection. Plus de 200 projets à impact rapide seront mis en œuvre en 2018 dans tout le pays.

En Libye, plus de 180.000 personnes déplacées internes ont actuellement besoin d’une assistance, ainsi que 335.000 personnes récemment rentrées chez elles.

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