La Charte des Nations Unies a résisté à l’épreuve du temps, déclare le chef de l’ONU

21 février 2018

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et son prédécesseur, Ban Ki-moon, ont lancé mercredi un vif plaidoyer en faveur de la Charte des Nations Unies, adoptée en 1945, soulignant qu’elle avait résisté à l’épreuve du temps et restait le fondement des relations internationales.

« La Charte des Nations Unies a résisté à l'épreuve du temps. Rédigée à la suite de l'effondrement total de l'ordre international, elle a contribué à resouder le monde. Élaborée au moment où l’ampleur de l'Holocauste était en train d’émerger, elle est un des remparts contre les crimes internationaux aujourd'hui », a déclaré M. Guterres dans un discours lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux ‘Objectifs et principes de la Charte des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales’.

Selon le Secrétaire général, « les fondateurs de notre Organisation ont compris que se relever de la Seconde Guerre mondiale n'était pas seulement une question de prévention des crimes. Ils ont placé les gens au cœur de la Charte et ont proclamé que le véritable fondement de la paix devait être trouvé dans la promotion du respect des droits de l'homme, du progrès social, de meilleures conditions de vie et d’une plus grande liberté pour tous ».

« Aujourd'hui, les Principes de la Charte - le non-recours à la force, le règlement pacifique des différends, la non-intervention, la coopération, l'autodétermination et l'égalité souveraine des États membres - demeurent le fondement des relations internationales », a affirmé M. Guterres. « Les valeurs qu'elle proclame - égalité des droits, non-discrimination, tolérance et bon voisinage - demeurent des balises pour l'harmonie mondiale ».

Le Secrétaire général a toutefois noté que les défis auxquels nous sommes confrontés ont évolué, les facteurs de conflit sont devenus plus complexes, de nouvelles menaces sont apparues et les conséquences de l'instabilité se font maintenant sentir bien au-delà de leur origine.

« Relever le défi des migrations, ainsi que celui des menaces du changement climatique et de l'inégalité, mettra à l'épreuve la Charte et notre capacité à assurer un monde meilleur pour tous », a-t-il estimé. « Alors que les Principes de la Charte sont aussi pertinents que jamais, nous devons continuer à mettre à jour ses outils, nous devons utiliser ces outils avec plus de détermination ».

Selon le chef de l’ONU, « les réformes dans lesquelles nous sommes tous engagés, qu'elles couvrent la paix et la sécurité, le développement et la gestion, visent à nous rendre plus efficaces dans l'accomplissement de la vision de la Charte ».

« Le Secrétariat est prêt à aider les États membres à adopter complètement l'esprit de la Charte et à l'utiliser pleinement dans tous les domaines de notre travail », a-t-il conclu.

Photo ONU/Loey Felipe
L'ancien Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, devant le Conseil de sécurité en février 2018.

Le monde confronté à de nouveaux défis

Son prédécesseur, Ban Ki-moon, qui a également participé à cette réunion du Conseil de sécurité, a aussi rappelé que « le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est complètement différent de ce qu'il était il y a sept décennies, lorsque les Nations Unies ont été fondées », notant de nouveaux défis, tels que le changement climatique, des dizaines de millions de réfugiés, l’extrémisme violent, le terrorisme et la prolifération nucléaire.

Dans ce monde d’aujourd’hui, « certains s'interrogent sur le rôle et l'efficacité de l'ONU », a-t-il souligné.

Selon lui, ces personnes critiques doivent toutefois « convenir que sans les Nations Unies, la communauté internationale n'aurait jamais pu empêcher une autre guerre mondiale au cours des 70 dernières années ».

« En outre, sans l'ONU, la communauté internationale n'aurait pas été en mesure de réaliser des progrès significatifs en matière d'éradication de la pauvreté extrême, de promotion de la santé publique et d'élargissement de l'accès à l'éducation. Qui d'autre aurait pu donner une légitimité aux actions du Conseil de sécurité pour résoudre les conflits aujourd'hui ? », a-t-il plaidé

Selon Ban Ki-moon, « les responsabilités principales dévolues au Conseil de sécurité pour maintenir la paix et la sécurité internationales sont donc plus que jamais nécessaires ».

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Le Président de l'Assemblée générale lance un appel au respect de la trêve olympique

Le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a lancé vendredi un appel solennel au respect de la trêve olympique à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver, qui seront célébrés du 9 février au 25 février à Pyeongchang, en République de Corée.