Salvador : l’ONU salue la libération de Teodora Vasquez après dix ans de prison pour une fausse couche

16 février 2018

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est félicité de la libération jeudi au Salvador de Teodora Vasquez, une femme qui a été emprisonnée pour « homicide aggravé » après avoir fait une fausse couche, alors que la loi dans ce pays interdit l’avortement sous toute ses formes.

Teodora Vasquez, 34 ans, avait été condamnée en juillet 2007 par un tribunal salvadorien à 30 ans de prison. Elle était l’une des quatre femmes que le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, avait rencontrées au cours d’une mission au Salvador en novembre dernier. Ces femmes purgeaient une peine de 30 années de prison pour « homicide aggravé » à la suite d’une fausse couche ou d’autres urgences obstétricales.

M. Zeid avait déclaré à l’époque qu’il avait rarement été aussi ému par leurs histoires et la cruauté dont elles avaient souffert. Il avait demandé que les cas de toutes ces femmes détenues à la suite de l’interdiction absolue de l’avortement soient revus.

Teodora Vásquez, qui avait passé plus de dix ans en prison, a été finalement libérée jeudi. La Cour suprême de Justice a accepté de « commuer sa peine » et autoriser sa mise en liberté.

« C’est un développement positif qui pourrait ouvrir la voie à la libération d’autres femmes qui se trouvent dans une situation similaire », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du HCDH lors d’un point de presse vendredi à Genève.

Le HCDH a exhorté les autorités de San Salvador « à continuer d’examiner les cas d’au moins 25 femmes qui purgent encore des peines aussi longues en lien avec des complications de la grossesse ou des infractions liées à l’avortement ». « Comme M. Zeid l’a proposé au cours de sa mission dans ce pays en novembre dernier, un tel examen des cas pourrait être effectué par un comité exécutif d’experts composé de membres nationaux et internationaux », a ajouté Rupert Colville.

Le HCDH a demandé une nouvelle fois que le Salvador respecte ses obligations internationales en matière de droits humains et lève l’interdiction absolue de l’avortement. Il s’est dit encouragé par le fait que la Cour suprême de justice et le Ministère salvadorien de la justice et de la sécurité publique examinent actuellement certaines des recommandations de l’ONU ainsi que celles du Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires qui s’était rendu au Salvador du 24 janvier au 5 février dernier.

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