Le manque de données fiables met en danger les enfants réfugiés, migrants et déplacés (ONU)

15 février 2018

Les Nations Unies et ses partenaires ont lancé jeudi un appel en faveur de données fiables, rapides et accessibles afin de mieux comprendre comment les migrations et les déplacements forcés affectent les enfants et leurs familles.

Les Nations Unies et ses partenaires ont lancé jeudi un appel en faveur de données fiables, rapides et accessibles afin de mieux comprendre comment les migrations et les déplacements forcés affectent les enfants et leurs familles.

Les lacunes dans les données concernant les réfugiés, les demandeurs d'asile, les migrants et les personnes déplacées mettent en danger la vie et le bien-être de millions d'enfants en déplacement, ont prévenu le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Office de statistique de l'Union européenne (Eurostat) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Les trois agences onusiennes et leurs partenaires estiment à 28 millions le nombre d’enfants qui étaient en situation de déplacement forcé en 2016. Un chiffre probablement beaucoup plus élevé, en raison du manque de données fiables.

« Les lacunes en matière d'information sapent fondamentalement notre capacité à aider les enfants », a déclaré Laurence Chandy, Directrice de la Division des données, de la recherche et des politiques de l'UNICEF.

L’ONU et ses partenaires exhortent les États membres à combler ces lacunes avec des données ventilées fiables et à améliorer la coopération afin que les données soient partagées et comparables.

Les enfants sont les victimes les plus vulnérables

Dans les contextes de déplacement forcé, les enfants sont les victimes les plus vulnérables. « Les enfants migrants, en particulier ceux qui migrent seuls, sont souvent des cibles faciles pour ceux qui leur feraient du mal », a rappelé Mme Chandy. « Nous ne pouvons pas assurer la sécurité des enfants et leur fournir des services vitaux, tant en transit qu'à destination, si nous ne savons pas qui ils sont, où ils sont ou ce dont ils ont besoin », a-t-elle souligné.

« De nombreux enfants réfugiés ont subi ou été témoins de violences et de souffrances atroces dans leur pays d'origine et parfois aussi pendant leur fuite en quête de protection et de sécurité », a déclaré Volker Türk, Haut-Commissaire assistant du HCR en charge de la protection. « Ils ont besoin et méritent des soins et une protection, mais pour cela, nous avons besoin de données sur leur identité et leurs besoins ».

Estimer avec précision le nombre d'enfants en mouvement dans le monde est très difficile. Les données sur les enfants qui se déplacent sans papiers à travers les frontières, ceux qui sont déplacés ou qui migrent à l'intérieur du pays ou les enfants laissés par les parents migrants sont encore plus rares.

« Dans aucun domaine, la coordination des données et le renforcement des capacités ne sont plus importants que pour les enfants, en particulier les plus vulnérables », a souligné le responsable de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés.

Dans de nombreux pays, les données nationales disponibles n'incluent pas d'informations sur l'âge, le sexe et l'origine des migrants et des réfugiés, ou s'ils voyagent seuls ou avec leur famille. Des critères différents pour les catégories d'âge et pour le recodage des données rendent la désagrégation extrêmement difficile.

« Nous avons besoin de données fiables et de meilleure qualité sur les enfants migrants pour les protéger et garantir leurs meilleurs intérêts. Tous les enfants migrants ont droit à des soins et à une protection indépendamment de leur statut migratoire », a déclaré le Directeur général de l'OIM, William Lacy Swing.

 

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