Syrie : la solution politique au conflit mise à mal par l’escalade des violences - ONU

14 février 2018

Devant le Conseil de sécurité, l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a fait état mercredi d’une escalade dangereuse et préoccupante de la situation en Syrie.

L’intensification des violences n’ont pas épargné les zones de désescalade établies par les garants du Processus d’Astana. M. de Mistura a évoqué le retour d’une concurrence pour contrôler Idlib et Hama, ainsi que les frappes dans le nord-ouest et la partie assiégée de la Ghouta orientale.

Des civils ont été tués sur une échelle terrifiante, a-t-il poursuivi, précisant que plus de 1.000 civils auraient été décimés au cours de la seule première de semaine de février. Il a également fait état de plusieurs allégations d’attaques au chlore. 

En outre, au moins 320.000 personnes ont été déplacées par les combats à Idlib au cours de deux derniers mois, et des zones résidentielles de Damas subissent d’importants pilonnages.

Pour M. de Mistura, l’évolution de la situation remet en question la durabilité des dispositifs de désescalade d’Astana et menace la stabilité de la région dans son ensemble - le conflit était en train de se propager au-delà les frontières.

Staffan de Mistura met en garde sur un risque de régionalisation du conflit en Syrie., by ONU Info

 

« Le moment actuel compte parmi les plus violents et dangereux dont j’ai pu être le témoin au cours des quatre ans que j’ai passés en tant qu’Envoyé spécial », s’est-il alarmé.

M. de Mistura a aussi indiqué aux membres du Conseil que les Syriens sont privés d’accès à l’aide humanitaire, « pas un seul convoi n’ayant pu se rendre dans les zones assiégées depuis le mois de novembre ».

Assurer un accès humanitaire immédiat

Le diplomate onusien a indiqué avoir exhorté les coprésidents du Groupe de travail sur l'accès humanitaire, à savoir la Russie et les États-Unis, à prendre des mesures urgentes pour assurer un accès humanitaire immédiat et sans entrave aux zones assiégées et difficiles d’accès. Une série de consultations urgentes sont d’ailleurs en cours à Genève à cette fin, a-t-il ajouté.

L’Envoyé spécial a déclaré que la situation actuelle en Syrie mettait à mal les efforts déployés pour trouver une solution politique au conflit. Il s’est attardé sur la tenue, le 30 janvier, du Congrès de Sotchi, expliquant que sa déclaration finale appelle à la création d’un comité constitutionnel devant être au moins composé de membres du gouvernement et de représentants de l’opposition qui participent aux pourparlers inter-syriens, qui se déroulent sous les auspices de l’ONU, ainsi que de femmes, de dirigeants tribaux et de la société civile.

Ce document met aussi l’accent sur l’importance d’assurer une représentation adéquate des différentes composantes ethniques et religieuses de la Syrie. Il stipule en outre que les modalités relatives au mandat, au pouvoir, aux procédures et au critère de sélection pour le Comité seront définies à Genève, avec l’aide de l’ONU.

Pour l’Envoyé spécial, le mandat donné à l’ONU est d’établir le processus pour la rédaction d’une nouvelle constitution. Il a aussi fait savoir que la Russie s’était engagée à veiller à ce que Damas honore les engagements pris à Sotchi.

M. de Mistura a insisté sur l’importance d’établir un environnement sûr et calme pour permettre au processus constitutionnel de prendre corps. Il a aussi fait savoir qu’il participerait prochainement à la Conférence de Munich sur la sécurité pour intervenir auprès de plusieurs participants.

« Je compte battre le fer pendant qu’il est encore chaud pour faire avancer le Processus de Genève », a-t-il affirmé.

 

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