Rohingyas : le HCR appelle à trouver des solutions durables au sein même du Myanmar

13 février 2018

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation au Myanmar, en particulier la question du rapatriement des milliers de civils de ce pays actuellement réfugiés au Bangladesh voisin. Il a entendu le chef du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Filippo Grandi a estimé que « la résolution de la crise suppose de trouver des solutions durables au sein même du Myanmar ».

Le Conseil de sécurité a examiné ce matin la situation au Myanmar, en particulier la question du rapatriement des milliers de civils de ce pays actuellement réfugiés au Bangladesh voisin. Il a entendu le chef du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Filippo Grandi a estimé que « la résolution de la crise suppose de trouver des solutions durables au sein même du Myanmar ».

De telles conditions sont un préalable incontournable à un retour volontaire des réfugiés, a-t-il déclaré.

Le patron du HCR a rappelé que six mois s’étaient écoulés depuis que le flux « rapide et chaotique » de plus de 688 000 réfugiés en provenance du Myanmar vers le Bangladesh avait débuté, provoqué par la violence et les destructions, à la suite de décennies de répression et d’exclusion vis-à-vis des Rohingya. 

Filippo Grandi a indiqué que les réfugiés birmans continuent d’arriver au Bangladesh, même si ce flux a fortement diminué. Ainsi, 1 500 d’entre eux ont franchi la frontière ce mois-ci. Il a aussi déploré la surpopulation et les conditions de vie précaires dans les sites d’accueil ce qui favorise les risques d’épidémies.

Selon lui, la saison des moussons qui débutera en mars constitue un autre défi de taille, alors que 107 000 réfugiés vivent dans des zones propices aux inondations et aux glissements de terrain. Filippo Grandi a confirmé que la zone de Kutupalong à Cox’s Bazar est désormais le plus large camp de réfugiés au monde.

Le Haut-Commissaire s’est par ailleurs ému du manque d’accès humanitaire dans le nord et le centre de l’État d’Arakan, alors que la présence du HCR y demeure indispensable pour secourir 120 000 personnes déplacées dans le centre de l’État.

De son côté, le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Miroslav Jenča, a mentionné les progrès inégaux accomplis dans la mise en œuvre des trois priorités identifiées par le Secrétaire général. S’agissant de la première priorité – l’arrêt de la violence et l’amélioration de la situation sécuritaire -, il a indiqué que les actes de violence commis à une grande échelle avaient cessé. Cependant, les menaces et intimidations contre la population rohingya de la part des communautés bamar et rakhine persistent, ainsi que celles émanant des forces de sécurité de l’État Rakhine, a-t-il dit. 

S'agissant de la seconde priorité – la demande d’un accès humanitaire immédiat dans les zones affectées de l’État Rakhine -, M. Jenča a indiqué que cet accès était encore sévèrement entravé. La majorité des organisations humanitaires qui travaillaient auparavant dans cet État ne sont pas autorisées à pénétrer dans ces zones, a-t-il déploré. Il a précisé que l’ONU n’avait pas un accès suffisant pour conduire une évaluation rigoureuse de la situation. 

En ce qui concerne la troisième priorité – un retour des personnes déplacées volontaire, durable, dans la sécurité et la dignité -, le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques a mentionné le récent accord signé entre le Bangladesh et le Myanmar et le groupe de travail commun mis sur pied pour faciliter ces retours.

M. Jenča a ensuite souligné l’importance de mettre en œuvre les recommandations de la Commission consultative sur l’État Rakhine en vue de faciliter ces retours.

Le Sous-Secrétaire général a mentionné les affrontements et les efforts de paix entre le Gouvernement et les organisations armées de divers groupes armés. Les combats se sont intensifiés dans les États Kachin et Shan, a-t-il dit, en déplorant les entraves aux efforts humanitaires du fait du Gouvernement. 

Enfin, M. Jenča a déploré l’arrestation de deux journalistes de Reuters Wa Lone et Kyaw Soe Oo et appelé à leur libération. Reuters a publié l’article sur lequel travaillaient ces deux journalistes, article alarmant qui relate l’exécution de dix hommes rohingyas dans le village Inn Din dans le nord de l’État Rakhine, a-t-il conclu.

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