Yémen : des milliers de personnes continuent de fuir les violences, selon le HCR

9 février 2018

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit alarmée ce vendredi par une recrudescence des violences qui ont laissé plus de 85.000 personnes déplacées dans tout le pays depuis décembre 2017.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit alarmée ce vendredi par une recrudescence des violences qui ont laissé plus de 85.000 personnes déplacées dans tout le pays depuis décembre 2017.

« De nouveaux combats à travers le Yémen continuent de contraindre les civils à quitter leurs foyers, aggravant ainsi la crise humanitaire la plus importante actuellement au monde », a déclaré une porte-parole du HCR, Cécile Pouilly. Elle a rappelé qu’en raison de ces violences, plus de 22 millions de personnes sont dans le besoin au Yémen.

Cette aggravation de la situation humanitaire est une conséquence directe des combats, de ces importants mouvements de populations, d’un effondrement de l’économie du pays et de la diminution des services sociaux.

Sur le terrain, la côte ouest du Yémen continue d’être principale source de nouveaux déplacements. Plus de 70% de ceux qui ont fui récemment ont quitté les régions d’al-Hodeïda et de Taëz. Selon le HCR, la plupart des déplacés restent hébergés par des parents ou des amis et les Yéménites sont pour la plupart pris au piège à l’intérieur des maisons ou dans des grottes, alors que des affrontements au sol, les bombardements aériens et des tirs de snipers sévissent dans les zones qui les entourent.

Le HCR est particulièrement préoccupé par ceux qui restent dans des zones proches des hostilités à Hodeïda et Taëz. « Suite aux combats prolongés dans ces deux gouvernorats, les conditions continuent de se détériorer rapidement, exposant les gens à la violence et à la maladie et sans services de base », a fait la porte-parole du HCR.

Le HCR constate également une recrudescence des nouveaux déplacements depuis d’autres zones de front, notamment dans les gouvernorats frontaliers du Yémen d’Al Jawf et de Hajjah. À Hajjah, qui accueille déjà 19% des deux millions de personnes déplacées au Yémen, les flambées de violence ont fait fuir près de 2.000 personnes au cours des dernières semaines.

Plus de 20 migrants éthiopiens disparus au large du Yémen

Par ailleurs, plus de 20 migrants éthiopiens qui tentaient de rejoindre le Yémen sont portés disparus. Quatre bateaux qui transportaient plus de 600 hommes et femmes sont arrivés en 24 heures dans le même port, a précisé vendredi à Genève l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Il est plutôt rare » qu’autant d’embarcations convergent en aussi peu de temps sur le même site dans cette zone, a indiqué devant la presse un porte-parole de cette agence onusienne.

Malgré un conflit depuis près de trois ans, le Yémen reste un important pays de transit pour les migrants qui souhaitent se rendre notamment en Arabie saoudite. Le Yémen étant traditionnellement un carrefour de transit et de migration dans la région, plus de 87.000 migrants et réfugiés ont risqué leur vie en haute mer en 2017, cherchant à atteindre le Yémen depuis la corne de l’Afrique par bateau, malgré le conflit et la détérioration rapide des conditions humanitaires.

 

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