Syrie : l'ONU réclame une trêve humanitaire pendant au moins un mois

6 février 2018

Des hauts responsables des Nations Unies en Syrie ont mis en garde mardi contre la grave crise humanitaire qui frappe plusieurs régions du pays et ont appelé les belligérants à cesser immédiatement les combats pour que l'aide puisse atteindre les personnes dans le besoin.

Des hauts responsables des Nations Unies en Syrie ont mis en garde mardi contre la grave crise humanitaire qui frappe plusieurs régions du pays et ont appelé les belligérants à cesser immédiatement les combats pour que l'aide puisse atteindre les personnes dans le besoin.

« L'équipe humanitaire des Nations Unies en Syrie met en garde contre les terribles conséquences de la crise humanitaire dans plusieurs régions du pays », ont déclaré le Coordonnateur résident et l'humanitaire des Nations Unies et des représentants d'agences onusiennes en Syrie dans un communiqué de presse.

Face à cette situation, ils ont appelé à « une cessation immédiate des hostilités pendant au moins un mois dans toute la Syrie pour permettre la fourniture de l'aide humanitaire, l'évacuation des malades et des blessés critiques, et l'allégement des souffrances de la population, dans la mesure du possible ».

A Afrin, les opérations militaires actuelles et le blocus par des groupes armés ont piégé de nombreux civils les empêchant d'accéder à des zones plus sûres, selon le communiqué de presse.

A Al-Hasakah, un accord a été conclu pour permettre à certains partenaires de l'ONU de reprendre leur travail, après un mois d'interruption complète de l'essentiel de l'assistance. C'est un premier pas positif, mais l'accord n'est valable que pour une période de deux mois et couvre un nombre limité de partenaires.

Quant à Raqqah, les ravages dans la ville sont sans précédent et les conditions demeurent dangereuses. De nombreux civils qui tentaient de rentrer chez eux ont été tués et blessés par des engins non explosés. L'accès des travailleurs humanitaires à la ville est presque impossible en raison des conditions dangereuses.

A Idlib, les opérations militaires ont entraîné une augmentation du nombre de victimes et le déplacement de civils vers des zones plus sûres. Certains d'entre eux ont été forcés de se déplacer plusieurs fois pour échapper aux combats. Foah et Kafraya, dans le gouvernorat d'Idlib, continuent d'être assiégées par des groupes armés non étatiques, sans accès à l'assistance humanitaire et médicale.

La Commission d'enquête internationale s'inquiète de l'escalade de la violence

Par ailleurs, la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie mandatée par l'ONU a exprimé sa profonde préoccupation face à l'escalade de la violence dans le gouvernorat d'Idlib et dans la Ghouta orientale.

Au cours des dernières 48 heures, l'ampleur et la férocité des attaques ont considérablement augmenté, faisant plusieurs victimes civiles. Des frappes aériennes auraient touché au moins trois hôpitaux, notamment à Ma'aret al Nu'man, Kafr Nabl et Mardikh.

Depuis le début de l'année, l'augmentation de la violence à Idlib a entraîné une nouvelle recrudescence des déplacements, avec plus d'un quart de million de civils qui auraient fui les combats, selon des informations reçues par la Commission.

« Ces rapports sont extrêmement troublants et ridiculisent les soi-disant 'zones de désescalade' destinées à protéger les civils contre ces bombardements », a déclaré le Président de la Commission d'enquête, Paulo Pinheiro.

« Les parties prenantes à ce conflit ne respectent pas leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, y compris leur obligation absolue de s'abstenir d'attaques contre les installations et le personnel médicaux », a ajouté M. Pinheiro.

Plus alarmant encore, la Commission a reçu de multiples rapports - sur lesquels elle enquête actuellement - selon lesquels des bombes contenant du chlore auraient été utilisées dans la ville de Saraqeb à Idlib et à Douma, dans la Ghouta orientale.

 

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