Myanmar : les opérations de sécurité montrent un schéma de domination contre les groupes ethniques, selon une experte de l'ONU

1 février 2018

Les opérations que le gouvernement du Myanmar qualifient de militaires et de sécurité sont « en fait un schéma établi » de domination et d'agression contre les groupes ethniques, a déclaré jeudi une experte des Nations Unies.

Les opérations que le gouvernement du Myanmar qualifient de militaires et de sécurité sont « en fait un schéma établi » de domination et d'agression contre les groupes ethniques, a déclaré jeudi l'experte indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme dans ce pays, à la suite d’une visite dans les pays voisins, dont le Bangladesh qui accueille près de 900.000 réfugiés rohingyas.

Yanghee Lee, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, vient de terminer une mission au Thaïlande et au Bangladesh, sans inclure le Myanmar, son gouvernement lui refusant tout accès au pays et toute coopération pendant la durée de son mandat.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Séoul, en Corée du Sud, Mme Lee a déclaré que des rapports récents d'attaques contre des civils, des maisons, des lieux de culte et des villageois ; la violence sexuelle ; les arrestations arbitraires; et la torture et les disparitions forcées « sont des actes dont sont accusées les forces militaires et de sécurité depuis des générations ».

« Les autres groupes ethniques à qui j'ai parlé - qu'ils soient Kachin, Karen, Karenni ou Shan - m'ont dit à plusieurs reprises qu'ils avaient subi les mêmes horribles violations de la part de la Tatmadaw pendant plusieurs décennies et - dans le cas de certains groupes, cela continue aujourd'hui », a-t-elle ajouté.

« Alors que des informations sur l'Etat de Rakhine ont provoqué à juste titre l'indignation internationale ; pour beaucoup au Myanmar, ils ont suscité un sentiment tragique de déjà-vu », a-t-elle encore dit.

La Rapporteure spéciale des Nations Unies a également souligné que l'ampleur de la violence dans les zones ethniques du Myanmar s’illustrait par une érosion continue de l'espace démocratique et que le gouvernement civil n'avait pas réussi à faire preuve d'ouverture et de transparence et persistait dans les pratiques répressives du passé.

Mme Lee a également appelé la communauté internationale à faire pression sur le Myanmar.

Elle a ajouté qu'elle espérait avoir à nouveau accès au Myanmar et qu'elle restait prête à travailler avec le gouvernement et les autres parties prenantes pour promouvoir et protéger les droits de l'homme de tous les habitants du pays.

 

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