Arabie saoudite : des experts de l'ONU déplorent l'utilisation des lois anti-terroristes contre des militants pacifiques

2 janvier 2018

Des experts des droits de l'homme des Nations Unies ont déploré lundi le fait que l'Arabie saoudite continue d'utiliser ses lois antiterroristes et sécuritaires contre les défenseurs des droits de l'homme et l'ont exhortée à mettre fin à la répression et à libérer toutes les personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits.

Des figures religieuses, des écrivains, des journalistes, des universitaires et des militants civiques sont visés, ainsi que des membres de l'Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), dans le cadre d'une série « inquiétante d'arrestations et de détentions arbitraires ».

« Les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique sont sévèrement restreints en Arabie saoudite », a déclaré le groupe d'experts dans une déclaration commune.

Ce groupe comprend le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Michel Forst, le Président-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire, José Antonio Guevara Bermúdez, le Rapporteur spécial sur le droit à la liberté d'expression et d'opinion, David Kaye, le Rapporteur spécial sur la liberté de religion et de croyance, Ahmed Shaheed, et la Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales tout en luttant contre le terrorisme, Fionnuala D. Ní Aoláin.

Plus de 60 personnes auraient été arrêtées depuis septembre, s'ajoutant à d'autres arrestations par le passé. « Nous avons écrit au gouvernement pour demander des informations détaillées sur ces nombreuses arrestations », ont déclaré les experts.

« Bien qu'ayant été élue membre du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à la fin de l'année 2016, l'Arabie saoudite a continué à réduire au silence, arrêter arbitrairement, détenir et persécuter les défenseurs des droits de l'homme et les dissidents », ont-ils ajouté.

Outre la nouvelle série d'arrestations depuis septembre et des cas antérieurs notifiés au gouvernement, l'Arabie saoudite n'a pas mis en œuvre deux avis récents du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, ont précisé les experts. Dans les deux cas, impliquant 10 personnes, le Groupe de travail a déterminé que les détentions étaient arbitraires.

Parmi les principaux défenseurs des droits de l'homme détenus depuis septembre, il y a le réformiste Salman al-Awdah, une figure religieuse influente qui a appelé à un plus grand respect des droits de l'homme dans le cadre de la sharia, l'universitaire et écrivain Abdullah al-Maliki, l'entrepreneur Essam al-Zamel, et les membres fondateurs de l'ACPRA, Abdulaziz Al Shubaily et Issa bin Hamid al-Hamid.

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