Darfour : le Conseil de sécurité réclame une reconfiguration de la MINUAD avant le 1er juin

31 janvier 2018

Le Conseil de sécurité a souscrit mercredi à la recommandation de la Présidente de la Commission de l'Union africaine (UA) et du Secrétaire général de l'ONU, qui ont souhaité qu'avant la prorogation du mandat de l'Opération de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD), en juin 2018, soit envisagé un nouveau concept de mission.

Le Conseil de sécurité, dans une déclaration lue par son Président pour le mois de janvier, Kairat Umarov, du Kazakhstan, précise que cette étude devra faire l'objet d'un rapport écrit qui lui sera présenté d'ici le 1er juin 2018.

Si le Conseil de sécurité constate avec satisfaction l'amélioration de la situation humanitaire et des conditions de sécurité « partout au Darfour », ainsi que la poursuite de l'absence d'affrontement armé entre les forces gouvernementales et l'opposition armée, il n'en demeure pas moins préoccupé par les défis considérables qui restent à relever dans cette région soudanaise, en particulier celui consistant à assurer des solutions durables pour 2,7 millions de déplacés.

Le Conseil de sécurité prie à nouveau toutes les parties au conflit au Darfour de créer les conditions propices au retour « librement consenti, informé, sûr, digne et durable » des réfugiés et des déplacés.

Ces derniers mois, plus de 5.000 réfugiés sont revenus du Tchad et de la République centrafricaine. La déclaration note que le gouvernement soudanais a déclaré qu'il voulait et comptait régler durablement le problème des déplacés.

En dépit de l'apaisement notable des conflits intercommunautaires, le Conseil demeure préoccupé par le fait qu'ils soient l'une des sources de violence au Darfour. Il s'inquiète de ce que l'amélioration des conditions générales de sécurité ne se traduise pas par une diminution correspondante du niveau des violations des droits de l'homme, qui sont perpétrées en toute impunité.

Le Conseil de sécurité, dans sa déclaration présidentielle, souligne également qu'il importe de supprimer les causes profondes du conflit, notamment celles qui sont liées à la gestion des terres, de l'eau et d'autres ressources, pour parvenir à une paix durable « dont le peuple du Darfour devrait rapidement retirer des bénéfices réels ».

Or, six ans après l'adoption du Document de Doha pour la paix au Darfour, les habitants du Darfour ne bénéficient pas encore pleinement des changements politiques et législatifs, et l'application des dispositions de cet accord est encore « inégale et peu viable ».

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