Soudan du Sud : les violations de l'accord de cessation des hostilités sapent les efforts de paix, selon l'ONU

24 janvier 2018

S'exprimant mercredi devant le Conseil de sécurité sur la situation au Soudan du Sud, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, s'est félicité de la signature entre les belligérants, le 21 décembre dernier, d'un accord de cessation des hostilités, de protection des civils et d'accès humanitaire.

Il a toutefois déploré que l'accord conclu dans le cadre de la première phase du Forum de haut-niveau pour la revitalisation organisé par l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ait été violé à plusieurs reprises par les parties. Ces violations et la propagande hostile menée par chacune des parties attestent du manque d'engagement authentique à honorer leurs obligations, a regretté M. Lacroix.

« Les parties sud-soudanaises doivent comprendre que la communauté internationale et la région n'accepteront pas qu'un accord soit signé puis violé en toute impunité », a averti le Secrétaire général adjoint, qui a encouragé le Conseil de sécurité à se prononcer très clairement en ce sens.

Après avoir détaillé plusieurs incidents ainsi que des affrontements communautaires, M. Lacroix s'est néanmoins dit encouragé par l'inauguration, prévue jeudi, par le Représentant spécial et Chef de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), d'une nouvelle base de la Mission à Yei, en Equatoria central, une région frappée par de nombreuses pertes en vies humaines du fait des affrontements.

M. Lacroix a également rappelé que le déploiement de la Force de protection régionale se poursuivait, en même temps que les discussions avec l'Éthiopie et le Rwanda pour accélérer le déploiement des corps principaux des deux bataillons d'infanterie de ces deux Etats.

De son côté, la Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires, Ursula Mueller, a indiqué que le Plan d'aide humanitaire de 2018 pour le Soudan du Sud venait d'être lancé, en vue d'aider six millions de personnes ayant besoin d'une protection vitale, soit plus de la moitié de la population.

L'insécurité alimentaire aigue touche désormais 5,1 millions de personnes. Parmi cette population, près de 1,5 million de personnes frôlent la famine, et 20.000 environ sont déjà touchées par ce fléau. La prochaine période de soudure, qui débute en mars, devrait probablement aggraver l'insécurité alimentaire.

Mme Mueller s'est aussi dite préoccupée par les niveaux élevés de violences sexuelles. En 2018, les partenaires humanitaires ont estimé à 1,8 million le nombre de femmes et de filles qui risquent de subir de telles violences.

En conclusion, la Sous-Secrétaire générale a appelé les membres du Conseil de sécurité à aider à mobiliser les bailleurs de fonds en faveur du Plan d'aide humanitaire et à user de leur influence pour que les parties au conflit respectent toutes leurs obligations en vertu du droit humanitaire internationale, notamment s'agissant de la protection des civils et des personnels et des biens humanitaires.

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