Service et sacrifice : les Casques bleus tchadiens en mission pour la paix au Mali

24 janvier 2018

Quand Tahir et ses compagnons de maintien de la paix tchadiens partent en patrouille quotidienne dans les rues poussiéreuses de Kidal, dans le nord du Mali, la question est toujours la même : son équipe et lui-même reviendront-ils sains et sauf dans la base des Nations Unies ?

Quand Tahir et ses compagnons de maintien de la paix tchadiens partent en patrouille quotidienne dans les rues poussiéreuses de Kidal, dans le nord du Mali, la question est toujours la même : son équipe et lui-même reviendront-ils sains et sauf dans la base des Nations Unies ?

« Nombre de mes amis sont morts ici au Mali. Nous avons vécu ensemble, mangé ensemble. Malheureusement, ils ont perdu la vie ici », déclare le sergent-chef Mahamat Tahir Moussa Abdoulaye.

La Mission de maintien de la paix de l'ONU au Mali, connue sous l'acronyme MINUSMA, est devenue l'une des opérations de paix les plus dangereuses de l'histoire de l'Organisation. Depuis 2013, 155 Casques bleus ont perdu la vie dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

« Beaucoup de ceux qui sont venus ici dans cette mission sont morts, d'autres auront des cicatrices à vie », explique Tahir, faisant référence à ses compatriotes tchadiens qui ont servi au sein de la MINUSMA.

Créée en 2013, la MINUSMA soutient l'accord de paix malien en aidant à rétablir l'autorité de l'État, à faire progresser la diplomatie, à renforcer la sécurité et à promouvoir les droits de l'homme.

Selon le dernier rapport du Secrétaire général sur le Mali, au cours de l'année 2017, la situation sécuritaire s'est détériorée et les attaques contre la MINUSMA et les forces de défense et de sécurité maliennes se sont accrues et intensifiées.

Les Tchadiens ont payé un lourd tribut

Les Tchadiens, en particulier, ont payé un lourd tribut. À la fin de 2017, sur les 57 décès de militaires et policiers tchadiens au service de l'ONU, 47 sont survenus au Mali depuis 2013.

« Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, et les millions de personnes que nous servons, comptent sur les États membres de l'ONU pour fournir le personnel et les ressources nécessaires afin que nos opérations puissent protéger efficacement les civils et soutenir les processus politiques dans des environnements parmi les plus dangereux et complexes au monde », a déclaré Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix. « Notre mission au Mali continue de travailler sans relâche pour aider à ramener la paix dans le pays ».

« Dans le véritable esprit de la Charte des Nations Unies, le Tchad s'est engagé à fournir une protection aux personnes vivant dans des situations de conflit », a-t-il ajouté. « Nous rendons hommage aux Tchadiens qui ont fait le sacrifice ultime au service de la paix, et remercions le peuple et le gouvernement du Tchad pour leur partenariat continu avec l'ONU et leur engagement pour la paix », a-t-il ajouté.

Compte tenu de la nature toujours plus difficile des conflits actuels et du nombre élevé de victimes parmi les Casques bleus, les Nations Unies sont activement engagées dans la recherche de solutions qui réduiraient le nombre de décès, amélioreraient la sûreté et la sécurité de notre personnel et amélioreraient la performance globale des opérations de maintien de la paix afin de protéger les plus vulnérables et nourrir une paix fragile.

Avant d'être déployé au sein de la MINUSMA, Tahir avait déjà combattu le groupe terroriste Boko Haram au Tchad et au Nigéria. « Nous sommes des guerriers nés, nous sommes nés avec la guerre et nous avons toujours entendu le bruit des coups de feu ».

Mais comme il le dit à son contingent : « en tant que soldats de la paix, nous ne sommes pas ici en mission de guerre, mais en mission pour la paix ».

Les Casques bleus tchadiens sauvent des vies au Mali

110.000 Casques bleus à travers le monde

À mesure que les conflits ont évolué, le rôle des opérations de maintien de la paix a également évolué. Ces opérations doivent remplir diverses fonctions, notamment protéger les civils, promouvoir l'Etat de droit, défendre les droits de l'homme, soutenir des élections crédibles, renforcer les institutions de gouvernance, soutenir les efforts de désarmement et réduire le risque lié aux engins non explosés.

Aujourd'hui, environ 110.000 Casques bleus de plus de 120 pays servent dans 15 opérations de maintien de la paix à travers le monde. Opérant dans des environnements très instables loin de leurs familles, les soldats de la paix font tous les jours des sacrifices au service de la paix.

Pour Tahir et des milliers d'autres comme lui, la récompense est dans le fait de savoir que les hommes, les femmes et les enfants dans ces régions sont plus en sécurité grâce à leur travail.

C'est le premier article d'une série par ONU Info dans le cadre d'une campagne mettant en lumière les contributions et les sacrifices des hommes et des femmes qui servent dans le monde entier dans le cadre des opérations de paix de l'ONU.

 

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