Frappes aériennes au Yémen : l'ONU dénonce un mépris total de la vie humaine

28 décembre 2017

1.000 jours après le début du conflit au Yémen, le Coordonnateur humanitaire dans le pays, Jamie McGoldrick, s'est dit profondément troublé par le nombre croissant de victimes civiles causées par les attaques « sans merci et sans discernement ».

Les premiers rapports du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) indiquent que le 26 décembre, des frappes aériennes sur un marché populaire bondé dans le sous-district d'Al Hayma (district d'Attazziah, gouvernorat de Taizz) ont fait au moins 54 morts, dont huit enfants, et 32 autres blessés, dont six enfants.

Ces derniers jours, les zones résidentielles des villages d'Al Hayma, dont une unité sanitaire occupée par des personnes déplacées, ont fait l'objet d'un blocus total de la part des autorités de facto et de bombardements aveugles. Des actions qui ont causé des pertes parmi les habitants et contraint de nombreuses familles à se déplacer vers des zones plus sûres.

Le 26 décembre, un autre raid aérien sur une ferme du district d'Attohayta, dans le gouvernorat d'Al Hudaydah, a entraîné la mort de 14 membres d'une même famille.

Ces nouvelles victimes s'ajoutent aux 84 autres signalées au cours des 10 derniers jours : 41 personnes ont été tuées et 43 autres blessées par des frappes aériennes dans plusieurs gouvernorats du Yémen.

« Ces incidents prouvent le mépris total de la vie humaine que toutes les parties, y compris la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, continuent à montrer dans cette guerre absurde », a déclaré M. McGoldrick.

Pour le responsable onusien, ce conflit n'a entraîné que la destruction du pays et la souffrance incommensurable du peuple yéménite puni par les affrontements militaires menés par les deux parties.

En vertu du droit international humanitaire, toutes les parties au conflit, y compris la Coalition dirigée par l'Arabie saoudite, ont l'obligation d'épargner les populations et les infrastructures civiles, a déclaré le Coordinateur humanitaire.

« Il n'y a pas de solution militaire », a de nouveau rappelé M. McGoldrick. « Il ne peut y avoir qu'une solution politique ».

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