Syrie : pour Jan Egeland, il n'y a pas de situation plus dramatique que dans la Ghouta orientale

21 décembre 2017

La Syrie est désormais dans sa septième année de guerre, « et cela ne s'améliore pas », a déploré jeudi Jan Egeland, le Conseiller spécial du médiateur onusien pour la Syrie, à l'issue d'une réunion du Groupe de travail sur l'accès humanitaire qu'il préside à Genève.

Pour M. Egeland, la situation la plus dramatique est dans la Ghouta orientale où 400.000 personnes sont prises au piège des violences et des bombardements quasi quotidiens. Assiégés par les forces gouvernementales depuis la mi-2013, les civils de cette enclave située à l'est de Damas sont coupés de l'aide humanitaire. Des cas de malnutrition ont été rapportés parmi les habitants, dont la moitié sont des enfants.

Ces dernières semaines, les Nations Unies et leurs partenaires n'ont eu que très peu d'accès à la Ghouta orientale. Sur place, 494 malades attendent d'être évacués d'urgence depuis deux mois. L'ONU demande en vain depuis des semaines de pouvoir les évacuer, mais les humanitaires n'ont toujours pas reçu le feu vert de Damas.

Au moins seize de ces malades sont décédés, a déclaré M. Egeland, citant notamment le décès de malnutrition d'un bébé de neuf mois le 14 décembre à la fin des pourparlers de Genève qui se sont achevés sur un nouvel échec, a-t-il ajouté très ému.

Le Conseiller spécial espère que les hostilités dans la Ghouta orientale cessent prochainement. « Cela nous aiderait certainement à envoyer l'aide humanitaire avant que la faim n'empiète sur l'ensemble de la population et pour qu'on puisse évacuer les malades. Pourtant l'ironie est bien sûr que la Ghouta orientale a déjà été déclarée une fois zone de désescalade. Et pendant un certain temps, ça l'était et ce n'est plus le cas maintenant », a-t-il fait remarquer.

Pour M. Egeland, cette situation dans la Ghouta orientale doit prendre fin. « Comment pouvons-nous prendre des vacances et fêter Noël en paix alors que ce sont les plus innocents qui souffrent le plus, qui meurent non pas parce qu'il n'y a pas d'aide (à acheminer), non pas parce qu'il n'y a pas de personnes prêtes à se rendre sur place malgré le danger, mais parce qu'ils font parties d'un jeu de pouvoir entre hommes de pouvoir, armés et grassement nourris ? », a-t-il demandé.

Malgré tous ces obstacles et défis auxquelles font face les organisations humanitaires sur le terrain, les agences de l'ONU et leurs partenaires ont depuis le début de l'année réussi à fournir de l'aide à presque 811.000 Syriens dans les zones assiégées et les localités difficiles d'accès.

L'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, est pour sa part attendu à Astana, la capitale du Kazakhstan, où doivent se tenir des pourparlers entre Damas et l'opposition.

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