Soudan du Sud : la pleine mise en œuvre de l'accord de paix de 2015 est nécessaire pour améliorer la situation, selon l'ONU

28 novembre 2017

La résolution du conflit au Soudan du Sud et l'amélioration de la situation humanitaire « catastrophique » dans plusieurs régions du pays passent par la pleine mise en œuvre de l'Accord de paix de 2015 et par l'acheminement « sans entrave » des travailleurs humanitaires aux populations dans le besoin.

Tel est le message que la Sous-Secrétaire générale aux opérations de maintien de la paix, Bensitou Keita, a délivré mardi devant le Conseil de sécurité.

Mme Keita a relevé une augmentation des agressions contre les travailleurs humanitaires alors qu'environ six millions de personnes, soit la moitié de la population sud-soudanaise, sont en proie à la faim, près de deux millions d'entre elles étant « au bord de la famine ».

« Sur les plus de 200 incidents visant des acteurs humanitaires survenus en septembre et en octobre, près de 100 ont été attribués à des acteurs étatiques », a-t-elle signalé. Elle a également rappelé, qu'en 2017, pas moins de 19 travailleurs humanitaires ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions.

Pour Mme Keita, toutes les parties doivent respecter le cessez-le-feu décrété unilatéralement par le Président Salva Kiir en mai dernier pour que puisse se tenir un dialogue national transparent et réellement inclusif. Ce premier préalable à une amélioration de la situation sécuritaire et humanitaire doit en effet ouvrir la voie à la poursuite du dialogue de réconciliation nationale, complément indispensable « à la réussite de l'Accord sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud (l'accord de paix) », a-t-elle dit.

Bensitou Keita a averti que de nouveaux affrontements entre l'Armée populaire de libération du Soudan et les forces pro-Riek Machar de l'Armée populaire de libération du Soudan dans l'opposition, et entre ces dernières et des éléments du Front de salut national de Thomas Carillo, feraient de nouvelles victimes civiles, provoqueraient de nouveaux déplacements, et, par conséquent, rendraient vaine toute recherche concertée d'une issue politique à la crise.

L'Éthiopie, qui préside l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en charge de la préparation du Forum de revitalisation, n'a pas dit autre chose. Son représentant a considéré que les conditions sont réunies pour rapprocher les points de vue au sein du Forum, les recommandations qui y seront examinées pour sortir de la crise étant actuellement discutées à Abidjan par le Conseil des ministres de l'IGAD. « Le succès du Forum et le règlement des problèmes du Soudan du Sud dépendront avant tout de la volonté des parties au conflitau sein duquel devront être discutées, par toutes les parties au conflit », a-t-il insisté.

L'Italie, pays qui préside le Conseil ce mois-ci, a précisément invité tous les groupes qui ne l'ont pas encore fait à participer aux consultations tenues par l'IGAD « afin que le Forum de revitalisation puisse avoir lieu et déboucher sur des résultats concrets ».

Dans son intervention, Mme Keita a annoncé que le déploiement de la Force de protection régionale, qui dépend de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), serait achevé d'ici la fin de l'année.

 

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