En Centrafrique, l'ONU alerte sur le sous-financement continu de la réponse humanitaire

6 octobre 2017

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a de nouveau appelé vendredi la communauté internationale à investir davantage dans les efforts humanitaires en République centrafricaine (RCA).

La crise humanitaire en RCA reste préoccupante en raison de la détérioration persistante du climat sécuritaire depuis le début de l'année. Si l'appui de la communauté internationale a permis aux acteurs humanitaires de répondre aux besoins les plus critiques et urgents dans plusieurs foyers de tension, la résurgence de la violence a engendré des besoins additionnels qui n'étaient pas prévus dans le Plan de réponse humanitaire.

Fin septembre, le Plan de réponse humanitaire révisé 2017 pour la RCA d'un montant de 497,3 millions de dollars n'était financé qu'à hauteur de 148,5 millions de dollars, soit seulement 30% des besoins exprimés. Sans les 348,8 millions de dollars manquant, l'assistance dont la moitié de la population centrafricaine a besoin est fortement compromise, a prévenu l'OCHA.

Eviter « le pire des scénarii » humanitaire

Lors d'une session d'information sur la situation humanitaire en Centrafrique organisée à Yaoundé, au Cameroun, la Coordonnatrice humanitaire en RCA, Najat Rochdi, a remercié les donateurs dont les contributions au Plan de réponse humanitaire ont permis de répondre rapidement et efficacement aux multiples crises auxquelles la Centrafrique fait régulièrement face.

Mme Rochdi s'est particulièrement félicitée des contributions supplémentaires reçues récemment, notamment celle du Japon, de DFID (Département pour le développement international du Royaume-Uni) et des Pays-Bas, « qui ont été une bouffée d'oxygène au moment où des crises concomitantes défiaient les capacités opérationnelles des acteurs humanitaires ».

La Coordinatrice a toutefois appelé la communauté internationale à s'investir davantage pour éviter « le pire des scénarii », à savoir une crise humanitaire à grande échelle qui affecterait toute la région.

Les indicateurs humanitaires actuels en RCA sont semblables à ceux qui prévalaient entre 2013 et 2014 au pic de la crise. 600.000 personnes sont aujourd'hui déplacés à l'intérieur des frontières de la Centrafrique et 513.666 sont réfugiées dans les pays limitrophes. Il s'agit des plus hauts niveaux jamais atteints depuis 2013. A ce jour, la population dans le besoin est passée de 2,2 au début de l'année à 2,4 millions de personnes.

Sortir le pays du « cercle vicieux des crises »

Des nouvelles contributions au Plan de réponse humanitaire pour la RCA donneront « une chance à des centaines de milliers de personnes de répondre à leurs besoins urgents et favoriseront ainsi la reconstruction de leurs vies et leur pays » a souligné Mme Rochdi, rappelant qu'une action humanitaire couvrant les besoins le plus critiques renforcerait progressivement la résilience des communautés. « Ce n'est qu'à ce prix que le pays sortira du cercle vicieux des crises », a-t-elle ajouté.

Le plaidoyer d'OCHA pour le financement du Plan de réponse humanitaire en RCA vise « à sortir la population dans le besoin de l'indigence et de la vulnérabilité ». Il vise également à offrir une meilleure protection à la population civile prise pour cible par les groupes armés. Pour la Coordinatrice humanitaire, des financements supplémentaires du Plan permettront « d'accompagner les vœux de paix de la majorité des Centrafricains et des Centrafricaines ».

Dans cette perspective, après Yaoundé, Mme Rochdi a annoncé qu'elle entreprendra une tournée internationale en vue « de sensibiliser la communauté internationale sur le drame qui se joue actuellement en République centrafricaine » et l'exhorter à ne pas oublier ce pays.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Centrafrique : une experte de l'ONU dénonce les attaques à connotation religieuse

L'Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine (RCA), Marie-Thérèse Keïta Bocoum, s'est déclaré inquiète jeudi devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève de la situation dans le pays qui a de nouveau connu « un seuil critique de violences » et de nombreuses attaques ayant pris une connotation religieuse.