Accusé de nettoyage ethnique, le Myanmar s'engage à apporter une aide humanitaire à toutes les minorités sans discrimination

21 septembre 2017

Accusé par la communauté internationale de nettoyage ethnique, le Myanmar a déclaré qu'il condamnait toutes les violations des droits humains dans l'Etat de Rakhine, où un conflit a déjà déplacé plus de 400.000 Rohingyas, et s'engageait à apporter une assistance humanitaire à toutes les minorités, sans discrimination.

Selon le Vice-président du Myanmar, U Henry Van Thio, qui s'est adressé mercredi soir à l'Assemblée générale des Nations Unies lors du débat général, la cheffe de l'Etat Aug San Suu Kyi condamne toutes les violations des droits de l'homme et la violence illégale au Myanmar et déclare s'engager à restaurer « la paix, la stabilité et l'État de droit dans tout l'Etat de Rakhine ».

Le Myanmar assure que ses forces de sécurité ont pour consigne d'adhérer strictement à leur « code de conduite » dans l'exécution de leurs opérations de sécurité, qu'elles usent de précaution, et font tout le nécessaire pour éviter les dommages collatéraux et de mettre en danger des civils innocents.

« À l'heure actuelle, l'aide humanitaire est notre première priorité. Nous nous sommes engagés à veiller à ce que l'aide soit reçue par tous ceux qui en ont besoin, sans discrimination », a ajouté le Vice-président. Le Myanmar « partage profondément la souffrance de toutes les personnes qui sont prises dans le conflit », a-t-il ajouté.

Selon lui, Aung San Suu Kyi affirme que les violations des droits de l'homme, ainsi que tous les autres actes qui entravent la stabilité et l'harmonie et portent atteinte au droit, seront traités de manière stricte par la justice du Myanmar.

U Henry Van Thio a aussi affirmé que trente postes de police du nord de l'Etat de Rakhine auraient récemment été attaqués par une organisation rohingya, l'ARSA, qu'il a qualifiée de « groupe terroriste ».

« Je suis heureux de vous dire que la situation s'est améliorée », a-t-il ensuite tempéré. « Aucun affrontement armé n'a été signalé depuis le 5 septembre ».

Selon les dernières estimations des Nations Unies, plus de 400.000 personnes, la plupart des musulmans de la minorité rohingya, se sont réfugiées au Bangladesh pour fuir les violences dans l'Etat de Rakhine, au Myanmar.

Le 11 septembre, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait dénoncé devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies un « exemple classique de nettoyage ethnique » en ce qui concerne les Rohingyas au Myanmar. Les violations des droits de l'homme systématiques commises contre les Rohingyas pourraient constituer des crimes contre l'humanité, avait-il mis en garde.

 

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