Les Etats et les journalistes peuvent prendre des mesures pour contrer les 'fake news', selon l'UNESCO

7 septembre 2017

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a suggéré mercredi devant le Parlement européen une série de mesures pour lutter contre le phénomène des 'fake news' sur l'Internet.

Le Directeur de l'UNESCO pour la liberté d'expression et le développement des médias, Guy Berger, a présenté 15 mesures possibles pour contrer ce qu'il a appelé 'l'armement de la méfiance', lors d'une conférence organisée par un groupe de travail du Parlement européen.

Il a noté que les journalistes étaient parfois visés par des affirmations fausses selon lesquelles certains d'entre eux sont des espions, ainsi que par des accusations selon lesquelles leurs histoires sont fictives.

M. Berger a toutefois souligné le caractère spécifique des 'fake news' dans un contexte d'intimidation et de 'trolling' sur l'Internet. Il s'agit « d'un contenu fabriqué qui prétend être authentique et qui se présente comme factuel », a-t-il noté.

Selon lui, la réponse des médias devrait être de renforcer leur crédibilité, en mettant l'accent sur les marques fiables et les contenus diffusés par les chaînes de service public. La formation des journalistes pourrait aussi améliorer la couverture, de sorte qu'il n'y ait pas de vide dans lequel s'engouffrent les 'fake news'. Un renforcement de la vérification des faits pourrait également contribuer à assurer la fiabilité de ce qu'ils produisent.

« Les médias devraient également éviter les publicités qui ont des liens vers des histoires fausses, et être plus transparents sur leur responsabilité et leur orientation politique », a dit le haut responsable de l'UNESCO. « En outre, les journalistes devraient faire davantage pour suivre, dénoncer et expliquer le phénomène des 'fake news' ».

En ce qui concerne les États, M. Berger les a appelés à renforcer le suivi et la notification de ce problème.

Il a toutefois averti que la criminalisation des 'fake news' et l'interdiction de l'anonymat pourraient violer les libertés fondamentales.

Selon lui, les États pourraient mieux protéger les journalistes et procéder à des poursuites lorsque les fournisseurs de 'fake news' sont impliqués dans des affaires de fraude (abus du nom de médias réputés). L'incitation à la violence ou au piratage pourrait également mériter des mesures légales contre les 'fake news'. Les individus dont la réputation a été ternie devraient également porter plainte pour diffamation contre les auteurs, a-t-il déclaré.

De son côté, l'Alliance des civilisations des Nations Unies a organisé jeudi au siège de l'ONU à New York une discussion sur les 'fake news' et leur impact sur les opinions publiques.

 

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