Syrie : Damas tenu responsable d'une attaque au gaz sarin en avril (Commission d'enquête de l'ONU)

6 septembre 2017

La Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a indiqué mercredi pour la première fois que le gouvernement syrien était responsable de l'attaque au gaz sarin perpétrée à Khan Cheikhoun en avril dernier.

Selon le Président de la Commission d'enquête de l'ONU, Paulo Pinheiro, l'avion syrienne a utilisé du gaz sarin « le 4 avril, dans le cadre d'une campagne aérienne au Nord de Hama et au Sud d'Idlib ».

« Un raid aérien qui a tué plus de 80 personnes, la plupart étant des femmes et des enfants », a précisé M. Pinheiro lors de la présentation du 14e rapport de la Commission sur la situation des droits de l'homme en Syrie.

Pour le Président de la Commission d'enquête, « l'utilisation du gaz sarin à Khan Cheikhoun le 4 avril par les forces aériennes syriennes constitue des violations du droit international humanitaire ».

Selon M. Pinheiro, « toutes les preuves disponibles permettent de conclure qu'il existe des motifs raisonnables de croire que les forces aériennes ont lancé une bombe dispersant du gaz sarin ». Ces mêmes forces syriennes ont également mené trois autres attaques chimiques entre mars à début juillet à Idlib, Hama et dans la Ghouta orientale, relève la Commission d'enquête indépendante qui demande aux autorités de Damas « de mettre un terme immédiatement » à l'utilisation de ce type d'armement.

En outre « la vaste majorité des incidents dans lesquels des civils ont été tués » ont été menés avec des « armes non conventionnelles », a précisé M. Pinheiro. La Commission a également dénoncé le déplacement forcé de populations de plusieurs villes assiégées après des accords d'évacuation. L'équipe d'enquêteurs a également dénoncé les abus perpétrés par les rebelles ou par plusieurs groupes terroristes dont les djihadistes de l'Etat islamique (EI).

Les enquêteurs onusiens estiment par ailleurs que les Etats-Unis n'ont pas pris « toutes les précautions possibles pour protéger les civils » en bombardant une mosquée à Al-Jinah, près d'Alep. Ce raid a violé le droit international humanitaire, selon l'équipe de M. Pinheiro. Selon le Président de la Commission, « l'évaluation de la cible n'a pas été adaptée », alors que l'attaque avait été décidée trois jours avant qu'elle ait lieu.

La Commission entend également poursuivre ses investigations sur l'offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par la coalition menée par les Etats-Unis, pour reprendre Raqqa à l'EI. La Commission d'enquête doit aussi se prononcer sur l'utilisation de boucliers humains par Daech à Raqqa et sur la vente de femmes yézidies.

 

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