Cambodge : l'ONU appelle au respect des droits à la liberté d'association et d'expression

25 août 2017

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est dit préoccupé par la série rapide de mesures ministérielles et administratives prises au Cambodge et qui ont abouti à la suspension d'émissions et de licences de radio, à la menace de fermeture d'un journal en langue anglaise et à l'interdiction d'une ONG étrangère.

« Avant les élections générales de l'année prochaine, nous appelons le gouvernement à garantir tous les droits politiques et civils et les libertés des médias », a déclaré une porte-parole du HCDH, Liz Throssell, lors d'un point de presse à Genève

L'ONG étrangère, National Democratic Institute (NDI), a été interdite par arrêté ministériel le 23 août, dans ce qui constitue la première fermeture de ce type dans le cadre de la loi de 2015 sur les associations et les organisations non gouvernementales. « Son personnel international a reçu l'ordre de quitter le pays dans les sept jours. L'organisation travaillait sur les élections et avec des partis de l'ensemble du paysage politique », a précisé Mme Throssell.

Trois organisations cambodgiennes dont le travail porte sur les droits de l'homme et les élections ont également été soumises à des enquêtes fiscales ciblées plus tôt ce mois-ci. « Nous craignons que le NDI ait été fermé sans procédure régulière et sommes préoccupés par la détérioration générale de l'environnement pour les défenseurs des droits de l'homme et la société civile au Cambodge », a souligné la porte-parole du HCDH.

Cette semaine, le gouvernement cambodgien a également révoqué des licences pour certaines fréquences radio, bloquant ainsi les programmes diffusés par des organisations nationales indépendantes des droits de l'homme et des médias, les stations Radio Free Asia et Voice of America financées par les États-Unis, et le principal parti de l'opposition.

Le Cambodia Daily, un des principaux journaux indépendants en langue anglaise du pays, a été sommé de payer un montant de 6,3 millions de dollars de prétendus arriérés d'impôts avant le 4 septembre sous peine d'être fermé. « Le journal a appelé à une vérification fiscale transparente et au droit de faire appel, mais ses demandes ont été ignorées », a indiqué Mme Throssell.

« Nous demandons au gouvernement royal du Cambodge d'assurer la procédure régulière dans toutes les mesures prises, y compris le droit d'appel, et de respecter les droits à la liberté d'association et d'expression », a déclaré la porte-parole du HCDH.

 

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