Après la crise de Jérusalem, Israël et la Palestine doivent se réengager en faveur de la solution à deux États, selon l'ONU

22 août 2017

La crise, le mois dernier, qui a secoué la vieille ville de Jérusalem a démontré que les tensions peuvent dégénérer, menaçant de « modifier » la nature du conflit israélo-palestinien et d'embraser la région, a déclaré mardi devant le Conseil de sécurité le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Miroslav Jenca.

« Il est par conséquent essentiel que les partenaires régionaux et internationaux demeurent déterminés à mettre fin à l'occupation, à résoudre toutes les questions relatives au statut final, en vue de concrétiser la vision de deux États coexistant en paix et en sécurité sur la base des résolutions pertinentes de l'ONU, et à soutenir les dirigeants palestiniens et israéliens dans les mesures qu'ils doivent prendre à l'appui d'une paix durable », a souligné M. Jenca, venu informer les membres du Conseil de la situation au Moyen-Orient au cours du mois écoulé.

La crise de Jérusalem a démontré le caractère intenable du conflit israélo-palestinien et l'urgente nécessité d'un horizon politique, a-t-il résumé, en rappelant qu'à la suite de l'attaque commise le 14 juillet –au cours de laquelle deux policiers ont été tués par trois assaillants dans la vieille ville–, trois Israéliens avaient été poignardés à mort et six Palestiniens tués lors de manifestations « dans l'ensemble » pacifiques, des violences qui ont soulevé des questions quant à l'usage disproportionné de la force par les forces de sécurité israéliennes.

Il s'est cependant félicité des efforts déployés par Israël et la Jordanie pour mettre fin à la crise.

Plusieurs autres incidents qui se sont produits au cours des dernières semaines ont été relevés par le Sous-Secrétaire général, dont la mort de deux Palestiniens tués, y compris un civil. « Le 28 juillet, un Palestinien a été tué par les forces de sécurité israéliennes pour avoir manifestement tenté de poignarder un soldat à la jonction de Goush Etzion, en Cisjordanie. « Le 2 août, à Yavneh, un civil israélien a été grièvement blessé au cours d'une attaque à l'arme blanche perpétrée par un Palestinien. »

En outre, le 8 août, des militants à Gaza ont tiré une roquette en direction du sud d'Israël, attaque à laquelle l'aviation israélienne a répliqué par un missile contre des locaux du Hamas à Gaza, faisant trois blessés. Enfin, le 17 août, une attaque-suicide a fait un mort et cinq blessés dans la bande de Gaza.

Le Sous-Secrétaire général a fait aussi état de développements politiques susceptibles de remettre en question encore davantage la confiance entre les parties, en particulier l'adoption, en première lecture, d'un amendement à la Loi fondamentale : « Jérusalem, capitale d'Israël ».

S'il venait à être approuvé, a-t-il précisé, ce texte affermirait le contrôle israélien de Jérusalem-Est occupée et restreindrait la capacité des deux parties à parvenir à une solution négociée conforme aux résolutions de l'ONU et aux accords antérieurs, a prévenu M. Jenca, en soulignant l'impact démographique d'une telle législation, susceptible de déclencher un nouveau cycle de violences.

M. Jenca s'est ensuite attardé sur une série d'incidents relatifs aux colonies de peuplement israéliennes, notant que le 3 août dernier, le Premier Ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, avait, en personne, donné le coup d'envoi de la construction de 1 000 nouveaux logements dans la colonie de Beitar Illit. Il y a vu une décision en mesure de conforter l'idée que « ceux qui œuvrent à l'obstruction de la solution des deux États sont en train de prendre la main ».

Abordant la situation dans la bande de Gaza, le Sous-Secrétaire général a déclaré que la situation humanitaire s'y est détériorée, en s'appuyant sur les conclusions de l'équipe de pays des Nations Unies qui affirme que ce territoire pourrait tout simplement devenir invivable d'ici à 2020.

« Les mesures punitives prises par l'Autorité palestinienne contre la bande de Gaza depuis avril ne font qu'aggraver les conséquences du bouclage imposé par Israël. Quelles que soient les différences politiques entre les factions palestiniennes, le peuple gazaoui n'a pas à en payer le prix », a dit M. Jenca.

 

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