L'OIM aide 138 migrants coincés en Libye à rentrer chez eux au Ghana

31 juillet 2017

183 migrants coincés en Libye - 135 hommes et 3 femmes, dont une personne avec un cas médical - ont quitté jeudi Tripoli, en Libye, par un vol charter affrété par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour rentrer chez eux au Ghana.

« (Je suis) heureuse de rencontrer tant d'hommes et des femmes du Ghana qui se réjouissent de rentrer à la maison », a déclaré l'Ambassadrice de l'Union européenne (UE) en Libye, Bettina Muscheidt, alors qu'elle rencontrait les migrants avant leur départ. « Beaucoup d'entre eux ont de bonnes qualifications et expériences ; c'est quelque chose qu'ils peuvent ramener dans leur propre pays », a ajouté la représentante de l'UE, tout en souhaitant aux migrants un retour sûr au Ghana.

Un migrant de 29 ans a déclaré à l'Ambassadrice comment il avait été secouru en mer après être arrivé en Libye pour trouver du travail. « Ce n'était pas ce à quoi je m'attendais », a-t-il déclaré. Après avoir obtenu son diplôme d'université en comptabilité, il n'a pas pu trouver du travail mais a été informé qu'en Libye, il pourrait gagner de l'argent. « Ma famille sera plus que heureuse de me voir », a-t-il déclaré à Mme Muscheidt. « Seul Dieu connaît mon destin », a-t-il ajouté en souriant avant d'embarquer sur le vol à destination du Ghana.

Mercredi, l'OIM a aidé 262 migrants nigérians bloqués en Libye - 118 hommes et 144 femmes, dont une personne avec un cas médical - à rentrer chez eux. 179 des migrants aidés vivaient auparavant à Tripoli alors que deux autres groupes de 31 et 52 personnes étaient respectivement détenus dans les centres de détention de Trig Al Seka et de Trig Al Shook.

Les vols charters organisés vers le Nigéria et le Ghana ont été coordonnés avec les autorités libyennes, les consulats respectifs du Ghana et du Nigéria ainsi que les personnels de l'OIM dans les pays de retour. Financés par le Fonds d'affectation spéciale de l'UE, les deux vols charters font partie du programme humanitaire de retour volontaire et de réintégration de l'OIM.

Avant leur départ, l'OIM a également préparé des entretiens, organisé des examens médicaux et facilité des visas de sortie pour les passagers. Avant leur voyage, les migrants ont également reçu une aide supplémentaire sous forme d'articles non alimentaires. Les 400 migrants aidés par l'OIM sont éligibles à d'autres bourses de réinsertion qu'ils recevront à leur retour chez eux.

Iara *, l'une des 144 femmes au bord du vol vers le Nigéria, a quitté son pays il y a un an pour se rendre en Libye y chercher du travail. Elle a trouvé un emploi temporaire comme travailleuse domestique, mais tous ses employeurs ne l'ont pas bien traitée. Iara a décidé d'aller à l'école une fois qu'elle sera de retour chez elle au Nigéria. « Certaines personnes ont essayé de me convaincre d'aller en Europe depuis la Libye, mais tout ce que je veux c'est rentrer à la maison, retourner à l'école et trouver un emploi à temps partiel afin de subvenir à mes besoins ».

Kenny, un autre passager nigérian a travaillé comme producteur de musique et ingénieur du son avant de décider de venir en Libye il y a cinq ans et de travailler comme peintre. « Je ne peux pas vous expliquer combien la maison me manque. Je dis à mes amis que j'ai rencontré des personnes sympathiques en Libye, mais elles ne me croient pas », a déclaré ce père de trois enfants. « Je crois fermement au dicton que, avec chaque malédiction, vient une bénédiction. Maintenant je rentre à la maison pour voir ma fille de 18 ans et ses frères et sœurs ».

A ce jour, en 2017, la mission de l'OIM en Libye a aidé 5.951 migrants coincés à retourner dans leur pays d'origine.

* Tous les noms de migrants ont été changés pour protéger leurs identités.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Les enfants migrants venus d'Afrique n'ont pas pour intention initiale d'aller en Europe, selon un rapport de l'UNICEF

Les enfants qui se rendent en Europe en provenance d'Afrique prennent eux-mêmes la décision de quitter leur pays et n'ont pas l'intention initialement d'aller en Europe, selon une étude commandée par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).