Syrie : 13,5 millions de personnes menacées par l'aggravation de la situation humanitaire (OCHA)

29 juin 2017

Intervenant jeudi devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a de nouveau plaidé pour que l'aide de l'ONU et de ses partenaires parvienne jusqu'aux Syriens, en particulier aux 540.000 personnes assiégées

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« Je demande à toutes les parties au conflit de permettre aux personnels humanitaires de disposer d'un accès durable et sans entrave », a déclaré M. O'Brien au cours de son exposé mensuel sur la situation humanitaire en Syrie. Préoccupé par les dernières menaces sécuritaires contre les personnels humanitaires, le Coordonnateur des secours d'urgence a précisé que l'accès demandé devait également être « sûr ».

M. O'Brien a décrit une situation humanitaire toujours grave en Syrie, alors que le conflit ne fait que s'aggraver et menace la vie de 13,5 millions de personnes. Chaque jour, des bombes pleuvent sur les écoles, les hôpitaux et les zones résidentielles, a-t-il rappelé, précisant que 92 % des personnes tuées ou blessées par des armes explosives utilisées dans des zones peuplées sont des civils.

Ceux qui survivent aux bombes, mais dont les maisons ont été détruites, sont obligés de fuir dans des conditions qui mettent en danger leur protection, a-t-il ajouté en citant les munitions non explosées, la conscription forcée, ainsi que les restrictions aux droits.

« Il est de notre devoir d'êtres humains de se lever et de dire assez, d'exiger la fin de ces pratiques, d'arrêter le massacre et d'aider ceux dont la vie a déjà été détruite », a-t-il dit.

Des approvisionnements enlevés des camions avant même leur déploiement

Face à ce constat, M. O'Brien a témoigné que l'ONU et ses partenaires humanitaires font tout ce qui est en leur pouvoir, malgré d'extrêmes difficultés, pour apporter une aide aux personnes qui en ont le plus besoin. En juin, a-t-il dit, « nos convois ont pu atteindre les localités difficiles d'accès de Talbiseh et Ar-Rastan dans le nord de Homsc, ainsi que la commune assiégée d'Harasta-Est dans le Rif-Damas ».

Mais, a précisé le Secrétaire général adjoint, en dépit de ces efforts, « nous continuons de voir nos approvisionnements enlevés des camions avant même leur déploiement ». Ainsi, près de 200.000 médicaments ont été enlevés de force rien que cette année.

En outre, l'ONU et ses partenaires continuent d'être retardés et bloqués par les restrictions bureaucratiques qui limitent leur capacité à atteindre les civils dans les zones assiégées et difficiles d'accès. Même si les restrictions les plus flagrantes sont le fait du Gouvernement syrien, d'autres groupes dans les zones non contrôlées par le Gouvernement ont aussi mis en œuvre des procédures qui ralentissent ou empiètent les principes humanitaires, a-t-il indiqué.

Il a insisté sur l'importance de la sûreté des humanitaires qui, dans de nombreuses régions de Syrie, représentent le seul moyen de survie pour les communautés piégées, blessées et affamées par le conflit.

Des livraisons à plus grand échelle dans le nord-est du pays

M. O'Brien a néanmoins fait état de développements positifs importants en termes d'accès humanitaire en Syrie. Le PAM a en effet réussi à déployer ses convois à Alep, ce qui permet des livraisons à plus grande échelle dans le nord-est de la Syrie, région qui était en rupture d'approvisionnement depuis décembre 2015.

Si des livraisons avaient pu être faites auparavant par la voie aérienne depuis Damas, le nouvel accès par la route a permis de faire des économies équivalentes au coût de vivres pour 100.000 personnes pour une année.

Entre le 8 et 15 juin, l'ONU et ses partenaires humanitaires ont apporté des vivres à plus de 94.000 personnes, tandis qu'ils livraient 24 tonnes de médicaments aux hôpitaux d'Al-Hassakeh, Qamishli et dans les camps de Mabrouka, dans les gouvernorats de Raqqa et Hassakeh.

Ce développement est particulièrement important au regard des besoins croissants dans le nord-est de la Syrie en raison des opérations anti-Daech menées dans la région, a expliqué M. O'Brien.

Les combats dans le sud retardent l'acheminement de l'aide depuis la Jordanie

M. O'Brien s'est dit particulièrement préoccupé par la situation des civils à Daraa où des bombardements aériens et des combats violents ont entraîné la mort de civils et endommagé les infrastructures publiques. Les combats se rapprochent des frontières du sud et retardent l'envoi de l'aide humanitaire en provenance de la Jordanie. En dépit de l'insécurité, l'ONU et ses partenaires continuent leurs livraisons transfrontalières.

Du côté des négociations politiques, le Secrétaire général adjoint a espéré que la réunion d'Astana sur la désescalade de la semaine prochaine serait un développement positif et entraînerait une réduction durable des affrontements et un meilleur accès humanitaire.

 

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