Soudan du Sud : l'ONU réclame une réelle volonté des acteurs clefs à mettre fin au conflit

22 juin 2017

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité que « seuls un processus politique ouvert et une réelle volonté politique des acteurs clefs à mettre fin au conflit, et la mise en œuvre de l'Accord de paix, pourraient apporter la paix au Soudan du Sud ».

M. Lacroix présentait le rapport du Secrétaire général sur le Soudan du Sud pour la période allant du 2 mars au 1er juin 2017, soulignant pour l'occasion que ni la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), ni la Force de protection régionale « ne sont une panacée à la crise » que vit le pays.

Il a aussi indiqué qu'en l'absence d'une quelconque amélioration de la situation sur le terrain, il n'est pas possible de proposer une éventuelle modification du mandat de la MINUSS.

M. Lacroix a rappelé qu'en vertu de l'Accord de paix signé en 2015, des élections devraient se tenir dans le pays à la fin de la période de transition, soit à la fin de l'année 2018. Mais si la situation actuelle persiste -la poursuite du conflit armé, la paralysie politique, les déplacements massifs de population, les besoins humanitaires et de protection accrus-, il ne sera pas possible de tenir des élections au Soudan du Sud, a-t-il prévenu.

Le conflit se poursuit malgré la proclamation du cessez-le-feu

Le conflit s'est en effet poursuivi dans diverses régions du pays, en dépit du cessez-le-feu proclamé par le Président du pays, Salva Kiir, le 22 mai dernier, le jour du lancement du dialogue national.

De son côté, Nicholas Haysom, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Soudan et le Soudan du Sud, intervenant par visioconférence depuis Genève, n'a aperçu « à l'heure actuelle, aucun signe d'un processus politique ouvert ». Il a relevé que l'exclusion de Riek Machar, un signataire clef de l'Accord de paix de 2015, et son remplacement par Taban Deng, rendaient encore plus difficile l'avènement d'un processus politique ouvert.

De l'avis de l'Envoyé spécial, un dialogue national ouvert et crédible doit être précédé d'un processus politique qui crée l'environnement sécuritaire et politique nécessaire. Or, la demande faite à l'opposition de déposer les armes avant de prendre part au dialogue est interprétée comme un appel à la capitulation sans assurance que les causes du conflit seront examinées.

Dans cet environnement hostile, la MINUSS s'évertue à protéger les civils du mieux qu'elle peut, essuyant même parfois des tirs hostiles. M. Lacroix a donc plaidé pour le déploiement de la Force de protection régionale dont les premiers éléments continuent d'arriver dans le pays. Il a précisé que les premiers contingents éthiopiens seraient déployés en juillet, tandis que le déploiement du contingent kényan est tributaire du transfert de matériels déjà utilisés par les forces du même pays. Un second site d'accueil de la Force de protection régionale a été choisi par le Gouvernement et les modalités de déploiement sont en cours d'élaboration.

M. Lacroix s'est par ailleurs dit encouragé par le communiqué de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) du 13 juin dernier par lequel l'institution propose un certain nombre d'étapes pour ressusciter le processus de paix au Soudan du Sud.

M. Haysom a été plus circonspect en faisant observer qu'il n'y avait pas de feuille de route claire pour la mise en œuvre des propositions de l'IGAD. Il a invité la communauté internationale à « envoyer un message clair pour exprimer son soutien à un processus ouvert qui inclut tous les groupes armés et partis politiques ayant une quelconque influence dans les combats actuels » au Soudan du Sud.

La communauté internationale, a-t-il encore demandé, doit rappeler que des élections nationales crédibles ne peuvent avoir lieu qu'au terme d'une période de transition marquée par l'ouverture politique et la stabilité, et non dans des circonstances d'insécurité et de déplacements généralisés de population.

 

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