Le Conseil de sécurité examine une proposition de processus conjoint pour les opérations de paix de l'Union africaine

15 juin 2017

Le Conseil de sécurité a examiné jeudi le rapport du Secrétaire général sur les modalités envisagées pour le processus d'autorisation des opérations de paix de l'Union africaine (UA) et la fourniture d'un appui de l'ONU à ces opérations, notamment sur le plan financier.

Le besoin de cadrer cette coopération pour mieux en tirer profit a été souligné par les membres du Conseil qui ont témoigné de l'intérêt croissant de la communauté internationale pour un partenariat efficace entre ces deux organisations.

Ce partenariat, qui n'a cessé d'évoluer au fil des ans, est devenu un élément essentiel de la réponse aux problèmes communs que posent les conflits armés en Afrique, ont fait remarquer les intervenants qui ont fait des exposés en introduction à la séance: la Directrice de cabinet du Secrétaire général, Maria Luiza Ribeiro Viotti, le Commissaire de l'Union africaine pour la paix et la sécurité, Smaïl Chergui, et le Haut-Représentant de l'Union africaine chargé du Fonds africain pour la paix, Donald Kaberuka.

En effet, « la communauté internationale doit être en mesure de répondre de façon adéquate et créative aux contextes sécuritaires dans le monde », a fait valoir Mme Ribeiro Viotti, en présentant le rapport du Secrétaire général. Elle a expliqué que ce rapport, qui propose un « processus conjoint de planification et d'établissement du mandat des opérations de soutien à la paix de l'Union africaine autorisées par le Conseil de sécurité », est le résultat de six mois de coordination et de coopération entre le Secrétariat et la Commission de l'Union africaine.

Le 19 avril dernier, a-t-elle rappelé, le Secrétaire général et le Président de la Commission de l'Union africaine avaient déjà signé le Cadre commun ONU-Union africaine pour un partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité, lors de la première Conférence annuelle ONU-UA. « Ce cadre en dit long sur la volonté de faire face aux menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité sur le continent », s'est félicité le représentant de l'Éthiopie, qui s'exprimait également au nom de l'Égypte et du Sénégal.

Élaboré sur la base de l'examen conjoint UA-ONU des mécanismes existants de financement et d'accompagnement des opérations d'appui à la paix de l'Union africaine autorisées par le Conseil, le rapport du Secrétaire général propose pour l'avenir des approches plus prévisibles, notamment pour résoudre « l'éternelle question » du financement.

En plus de l'utilisation de fonds d'affectation spéciale alimentés par des contributions volontaires, le Secrétaire général a défini quatre moyens possibles d'utiliser les contributions de ses États Membres pour aider à répondre aux besoins des opérations de paix de l'UA, soulignant qu'il n'y avait pas d'option unique adaptée à toutes les situations. Il s'agirait de fournir des subventions en cas de circonstance exceptionnelle ou de situation d'urgence; de financer en commun un budget élaboré conjointement; de créer de manière ad hoc un bureau d'appui des Nations Unies; ou encore de financer conjointement une mission hybride.

Le Commissaire pour la paix et la sécurité de l'UA, qui intervenait par vidéoconférence depuis Addis-Abeba, a assuré le Conseil que la Commission de l'UA était déterminée à promouvoir une bonne gouvernance et la bonne gestion des ressources non seulement du Fonds africain pour la paix, mais aussi de tous les financements de ses opérations de paix.

« Une architecture africaine de la paix bien financée est non seulement une priorité pour l'Afrique, mais aussi un bien commun mondial », a renchéri le Haut-Représentant de l'Union africaine chargé du Fonds africain pour la paix, après avoir fait des propositions sur la procédure à suivre pour soumettre les opérations de paix de l'UA à l'approbation du Conseil de sécurité, lorsqu'un appui financé par les contributions des États Membres de l'ONU est demandé pour ces opérations.

M. Kaberuka a saisi cette occasion pour expliquer la structure du Fonds africain pour la paix, articulée autour de trois axes : la médiation et la diplomatie préventive ; les capacités institutionnelles ; et les opérations de soutien à la paix. Ce fonds a déjà reçu des contributions de 14 États membres de l'Union africaine à hauteur de $65 millions, soit 12% de l'objectif.

 

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