Mali : deux Casques bleus tués dans une embuscade dans la région de Kidal

23 mai 2017

Deux Casques bleus tchadiens de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ont été tués et un autre blessé mardi matin lors d'une embuscade dans la région de Kidal, au nord du pays.

« Une patrouille pédestre de la MINUSMA a été attaquée lors d'une embuscade vers 6h30 ce matin à 5 km d'Aguelhok, dans la région de Kidal », a annoncé la MINUSMA dans un communiqué de presse.

Le chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, a condamné fermement cette attaque meurtrière.

La Mission a aussitôt déployé une force d'intervention rapide sur les lieux de l'attaque et procédé à l'évacuation du blessé et des défunts.

« Cette attaque s'ajoute à une vague de violences qui, au cours des dernières semaines, a ciblé sans distinction les populations civiles, les Forces Armées maliennes et les Forces internationales. Ces violences ne visent qu'à ébranler les efforts du camp de la paix pour ramener la stabilité et l'unité au Mali », a déclaré M. Annadif.

Le chef de la MINUSMA a rappelé la solidarité et la détermination de la Mission à soutenir les efforts du gouvernement malien et des autres parties signataires ainsi que du peuple du Mali dans la mise en œuvre de l'Accord de paix.

« La MINUSMA est disposée à apporter toute sa contribution pour l'identification des responsables de cette attaque afin qu'ils soient rapidement traduits en justice », a-t-il dit.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a également fermement condamné « l'attaque terroriste » qui a été revendiquée par le groupe Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin.

Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil ont exprimé leurs sincères condoléances et leur sympathie aux familles des victimes, ainsi qu'au gouvernement du Tchad et à la MINUSMA. Ils ont rendu hommage « aux Casques bleus qui risquent leurs vies ».

Les membres du Conseil de sécurité ont demandé au gouvernement du Mali d'enquêter rapidement sur cette attaque et de traduire les auteurs en justice. Ils ont souligné que les attaques ciblant les forces de maintien de la paix peuvent constituer des crimes de guerre en vertu du droit international.

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a lui aussi rendu hommage aux deux Casques bleus tués lors d'une réunion consacrée au soutien à apporter à la MINUSMA.

« Je rends hommage aux courageux soldats de la paix qui ont perdu la vie en soutenant la paix au Mali. Les forces maliennes et françaises continuent d'être ciblées par des groupes extrémistes et terroristes. Plus tôt aujourd'hui, deux soldats de la paix ont été tués lorsqu'un convoi de la MINUSMA a été pris en embuscade près de Kidal - un rappel sombre des dangers auxquels la MINUSMA est confrontée sur le terrain », a dit M. Guterres.

Selon le chef de l'ONU, depuis que la MINUSMA a été créée il y a quatre ans, les Maliens ont fait d'importants progrès vers la paix et la réconciliation. « Cependant, tragiquement, ces progrès ne se sont pas traduits en paix. Les groupes extrémistes violents cherchent activement à gâcher et à arrêter le processus de paix. De nouveaux groupes armés sont apparus alors que certains groupes existants se sont divisés en différentes factions. L'instabilité s'est propagée du nord au centre du pays et au-delà des frontières du Mali dans les pays voisins », a-t-il ajouté.

« Comme je l'ai dit au Conseil de sécurité le 6 avril, les opérations de maintien de la paix doivent être équipées pour répondre aux exigences des nouveaux environnements opérationnels. Le Mali a valeur de test pour la communauté internationale », a encore dit M. Guterres.

« Nous ne pouvons pas déployer les soldats de la paix de la MINUSMA dans les zones où opèrent les groupes terroristes et les réseaux criminels transnationaux sans leur donner les moyens de faire face aux difficultés qu'ils rencontrent. Nous devons aussi leur donner les moyens d'appuyer les institutions maliennes à graduellement exercer leur responsabilité de rétablir la stabilité », a-t-il ajouté. « Nous avons besoin de véhicules blindés de transport de troupes et d'hélicoptères pour que les soldats de la paix puissent intervenir plus efficacement. Nous avons besoin de la force de réaction rapide et de son équipe intégrée d'appui héliporté a Mopti pour répondre rapidement aux incidents, protéger les civils et contrer la propagation des éléments extrémistes violents ».

 

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