Yémen : l'ONU vient en aide aux déplacés et s'inquiète de la détérioration de la situation humanitaire à Taëz

16 mai 2017

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est inquiété mardi de la détérioration de la situation humanitaire dans le gouvernorat de Taëz, au Yémen, où les hostilités ont causé le déplacement de près de 50.000 personnes depuis début 2017.

Ces déplacés s'ajoutent aux trois millions de personnes déjà déracinées depuis le début du conflit dans le pays. Parmi elles, deux millions sont déplacées internes et un million sont rentrées temporairement chez elles des conditions précaires.

Sur le terrain, les équipes du HCR ont pu procéder la semaine dernière à des distributions d'urgence dans le district de Mokha, l'une des zones les plus affectées du gouvernorat de Taëz, où l'accès humanitaire est difficile en raison des affrontements et des restrictions de mouvement imposés par les parties au conflit.

« Le HCR a réussi à accéder à Mokha pour la troisième fois cette année », a précisé William Spindler, un porte-parole du HCR lors d'un point de presse ce mardi à Genève. Près de 6.200 personnes ont ainsi bénéficié de la toute dernière distribution d'articles de secours à Mokha.

A Mokha, les équipes du HCR ont observé une aggravation des conditions pour les personnes déplacées par le conflit et les communautés locales qui les accueillent. Beaucoup vivent en plein air dans des conditions difficiles et sans abri décent, ni protection, ni assistance matérielle.

A Hudaydah, les équipes du HCR ont également observé une forte hausse des besoins humanitaires. Les personnes déplacées vivent désormais dans les rues, certains ayant trouvé abri sur les trottoirs. Des personnes parmi les plus vulnérables, y compris des ménages dirigés par des femmes ou des enfants, se tournent vers des stratégies de survie préjudiciables. Par exemple, la mendicité et le travail des enfants sont désormais répandus à travers tout le gouvernorat.

En prévision d'une nouvelle intensification des hostilités, le HCR s'efforce avec des partenaires humanitaires de répondre aux déplacements supplémentaires selon différents scénarios. Le HCR pré-positionne notamment du matériel de secours pour venir en aide aux personnes affectées. Le HCR fournira également des équipes de secours mobiles pour distribuer des articles de secours de première nécessité, assurer des services de protection élémentaire et organiser des abris d'urgence dans les lieux de destination finale des personnes déplacées sous forme de matériel d'abri, de bons, d'allocations d'aide financière ou de subventions de trésorerie pour la location de logement, selon les besoins.

Concernant la situation sanitaire, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a souligné de son côté que plus de 11.000 cas suspects de diarrhée ont été signalés jusqu'ici au Yémen dont plus de 250 cas confirmés de choléra.

Lors d'un point de presse ce mardi à Genève, un porte-parole de l'UNICEF, Christophe Boulierac, a ajouté que le dernier bilan fait état de 130 morts dont certains sont confirmés du choléra. Selon lui, 25% des cas proviennent de Sanaa et le tiers des malades sont des enfants.

De façon générale, l'ONU estime que 7,6 millions de personnes vivent dans des zones à haut risque de choléra. Le caractère inadéquat des infrastructures sanitaires, conjugué aux déplacements et aux abris et camps surpeuplés, accroît le risque de transmission d'individu à individu.

Face à cette urgence sanitaire, l'ONU a créé deux centres d'urgence, à Aden et à Sanaa, avec des équipes de réaction rapide qui surveillent et traitent les sources d'eau contaminées. L'UNICEF et ses partenaires s'investissent ainsi dans le traitement curatif en fournissant aux centres de santé des kits de traitement de la diarrhée, des sels de réhydratation orale et des comprimés de traitement de l'eau.

 

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