Soudan du Sud : l'ONU réclame 1,4 milliard de dollars pour aider les réfugiés sud-soudanais

15 mai 2017

Les Nations unies ont annoncé lundi à Genève qu'une contribution financière de 1,4 milliard de dollars serait nécessaire cette année pour aider 1,8 million de réfugiés, dont 1 million d'enfants, qui ont fui la guerre et la faim au Soudan du Sud.

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont présenté à Genève ce plan d'action de 1,4 milliards de dollars, soit une rallonge de 200 millions de dollars par rapport au plan initial de 1,2 milliard de dollars lancé au début de l'année pour faire face à cette crise.

Et si ce précédent appel n'est jusqu'à présent financé qu'à hauteur de 14%, entre temps la situation humanitaire s'est détériorée.

« Avec 1,8 million de réfugiés, le Soudan du Sud est la plus importante crise des réfugiés en Afrique », a averti le Haut-Commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi, lors du lancement de l'appel révisé ce lundi 15 mai au Palais des Nations à Genève. Une moyenne de près de 2.800 Sud-Soudanais fuient quotidiennement leur pays pour se réfugier dans les six pays voisins : Ouganda, Soudan, Ethiopie, Kenya, République démocratique du Congo (RDC) et République centrafricaine.

Deux ans et demi après son indépendance, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts. Depuis, 900.000 Sud-Soudanais se sont réfugiés en Ouganda, 375.000 au Soudan, 375.000 en Ethiopie, 97.000 au Kenya, 76.000 en RDC et de 2.200 en République centrafricaine.

« Les combats acharnés et la détérioration des conditions humanitaires au Soudan du Sud poussent les gens à fuir leur domicile en nombre record », a mis en garde le chef du HCR. Par ailleurs, le gouvernement sud-soudanais a déclaré la famine dans certaines régions du pays et averti qu'un million de personnes risquent de mourir de faim.

« Les souffrances des Sud-Soudanais sont juste inimaginables », a souligné de son côté le chef du PAM, David Beasley, dans une déclaration, ajoutant que beaucoup d'entre eux étaient « au bord de l'abîme ». « Les travailleurs humanitaires ne peuvent souvent pas atteindre les plus vulnérables. Beaucoup meurent de faim et de maladie et beaucoup d'autres ont fui leur patrie pour se réfugier à l'étranger », a-t-il rappelé.

Si le HCR s'est félicité de la générosité exceptionnelle des pays voisins à l'endroit des réfugiés sud-soudanais, l'agence onusienne s'est toutefois alarmée d'une situation qui est devenue aujourd'hui critique. « Des pays comme l'Ouganda ont fait tout ce que l'on pourrait attendre, mais ils ne seront pas en mesure de continuer à soutenir les réfugiés à moins que le reste du monde ne fasse un effort supplémentaire », a insisté M. Grandi.

« Notre situation financière nous a contraints à réduire les rations alimentaires pour beaucoup de réfugiés en Ouganda », a reconnu M. Beasley, en qualifiant cette situation d'« inacceptable ».

En attendant, le PAM fournit des vivres et une aide d'urgence en espèces à plus de 1,8 million de réfugiés sud-soudanais dans les pays voisins.

Ce plan de réponse humanitaire pour les réfugiés sud-soudanais ne couvre pas les besoins de près de 2 millions de Sud-Soudanais déplacés à l'intérieur de leur pays.

 

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