Maldives : des experts de l'ONU réclament une enquête sur le meurtre du journaliste Yameen Rasheed
« Nous condamnons fermement le meurtre de M. Rasheed et nous exhortons le gouvernement des Maldives à prendre des mesures pour promouvoir et protéger le droit de son peuple à s'exprimer librement », ont déclaré ces experts. Il s'agit de David Kaye, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, et Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de croyance.
Yameen Rasheed a été trouvé poignardé dans l'escalier de son domicile à Malé le 23 avril. Son meurtre est le dernier d'une série d'attaques contre des journalistes et des défenseurs des droits humains aux Maldives. Ces meurtres interviennent dans un contexte d'intolérance religieuse croissante dans le pays. La plupart des attaques restent impunies.
M. Rasheed critiquait ouvertement le gouvernement et a écrit sur la corruption présumée et les violations des droits de l'homme. Il avait reçu de nombreuses menaces de mort et les avait signalées à la police, mais les autorités n'avaient apparemment pris aucune mesure pour le protéger.
« Nous reconnaissons que les autorités ont entamé une enquête sur le meurtre de M. Rasheed, menant à l'arrestation de deux personnes. Néanmoins, compte tenu de l'extrême gravité de l'attaque, nous demandons une enquête publique approfondie et indépendante utilisant toutes les ressources des forces de l'ordre et se concentrant sur le meurtre de M. Rasheed et la disparition d'Ahmed Rilwan », ont dit les experts.
Le 27 avril 2017, quatre jours après sa déclaration condamnant l'assassinat de M. Rasheed, le Président des Maldives aurait déclaré dans une réunion publique que tout discours qui se moque de l'islam ne peut être toléré ou protégé par la liberté d'expression.
« Nous considérons qu'il est impératif que les autorités prennent au sérieux leur obligation de promouvoir un espace libre et sûr pour toutes les formes d'expression », ont ajouté les experts, qui ont appelé le gouvernement à prendre des mesures pour favoriser la tolérance.