Les droits des peuples autochtones ne sont pas dans un très bon état, selon une experte de l'ONU

1 mai 2017

En marge de la session de 2017 de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, la Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz, a indiqué lundi que les autorités et les entreprises bafouent les droits de ces peuples afin d'avoir accès à leurs terres et à leurs ressources.

« La situation des droits des peuples autochtones n'est vraiment pas très bonne aujourd'hui, car il existe des politiques et des lois pour les criminaliser », a déclaré Mme Tauli-Corpuz, lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'ONU à New York où se tient depuis lundi dernier la seizième session de l'Instance permanente.

La Rapporteuse spéciale a fait état de recours au harcèlement, à la torture et aux arrestations à l'encontre de peuples autochtones qui protégeaient de façon pacifique leurs biens. Ces actes sont contraires à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée par l'Assemblée générale en septembre 2007, qui a mis en place un cadre universel de normes minimales pour la survie, la dignité, le bien-être et les droits des peuples autochtones dans le monde.

« La principale préoccupation des peuples autochtones est vraiment d'œuvrer à la défense de leurs terres et de leurs ressources et à la protection du droit à l'autodétermination», a déclaré Mme Tauli-Corpuz. « Dans l'affirmation de leur droit, ils sont accusés d'être terroristes ou arrêtés ».

L'experte indépendante des Nations Unies vient de rentrer du Honduras, où elle a rencontré la famille d'un défenseur des droits autochtones tué l'année dernière. Elle a fait remarquer que les audiences dans cette affaire sont retardées et a déclaré qu'il y avait un « manque de détermination du côté des procureurs pour poursuivre » une action en justice.

Mme Tauli-Corpuz a récemment été aux États-Unis, où les membres de la réserve de Standing Rock protestent contre la construction de l'oléoduc Dakota Access. Sur place, elle a vu des personnes autochtones être arrêtés et des chiens de police se jeter sur eux. Ces « rassemblements ne sont pas violents et ne devraient pas être soumis à ce type de force », a déclaré Mme Tauli-Corpuz.

Les peuples autochtones représentent 5% de la population mondiale, mais leurs terres représentent environ 80% de la biodiversité mondiale, selon les chiffres cités par l'ONU.

« L'essence, les minéraux, tout est sous la terre, ce qui entraîne un énorme problème », a déclaré Lourdes Tibán Guala, membre de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, originaire d'Équateur.

S'exprimant aux côtés de Mme Tauli-Corpuz, Mme Tibán Guala a souligné l'importance de la terre pour les peuples autochtones. « La terre transmet tout, la santé, l'éducation, l'agriculture. Mais chaque fois qu'il y a des négociations sur l'économie d'un pays, les terres des peuples autochtones sont les premières à être utilisées », a-t-elle déploré. « Les peuples autochtones ne veulent pas de machineries sur leur territoire sans consultation préalable », a souligné la défenseure équatorienne.

 

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