Afghanistan : la torture des détenus persiste, selon un rapport de l'ONU

24 avril 2017

Les détenus liés au conflit en Afghanistan continuent de faire face à la torture et aux mauvais traitements dans les centres de détention sous la responsabilité du gouvernement, a révélé un rapport de l'ONU publié lundi.

« La poursuite de la torture et des mauvais traitements infligés aux détenus est un sujet de grave préoccupation, mais nous reconnaissons les efforts sincères du gouvernement pour traiter cette question », a déclaré Tadamichi Yamamoto, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan dans un communiqué de presse.

Le rapport de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et du Bureau des droits de l'homme de l'ONU (HCDH) repose sur des entretiens avec 469 détenus liés au conflit menés du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 dans 62 centres de détention administrés par la Direction nationale de sécurité (NDS), la Police nationale afghane et d'autres forces de défense et de sécurité nationales afghanes à travers le pays.

Plus d'un tiers des personnes interrogées ont fait des récits crédibles selon lesquels elles ont été soumises à la torture ou à des mauvais traitements. Parmi les autres constatations, 45% des personnes interrogées détenues par la police ont déclaré avoir été torturées ou maltraitées, ce qui représente le niveau le plus élevé enregistré depuis que la MANUA a commencé son programme de suivi en 2010.

Dans l'ensemble, la majorité des détenus ont déclaré avoir été torturés et forcés à avouer et que la torture et les mauvais traitements s'étaient arrêtés une fois qu'ils l'ont fait. Beaucoup d'entre eux ont déclaré qu'ils ne comprenaient pas ou ne pouvaient pas lire ce qui a été écrit sur la « confession » qu'ils ont signée ou sur laquelle ils ont laissé leur empreinte, selon le rapport.

« Comme l'indique ce rapport important, la torture n'améliore pas la sécurité. Les confessions obtenues à la suite de la torture ne sont absolument pas fiables. Les gens diront n'importe quoi pour arrêter la douleur », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein. « Il est essentiel qu'il existe un suivi adéquat des centres de détention en Afghanistan et des enquêtes significatives pour veiller à ce que les personnes accusées de torture rendent des comptes pour ce crime odieux », a-t-il ajouté.

Le rapport se félicite des efforts déployés par le gouvernement afghan pour mettre en œuvre son Plan national sur l'élimination de la torture, en particulier en ce qui concerne l'adoption de lois et la mise en place de mécanismes surveillant le respect des droits de l'homme.

Si les modifications législatives proposées sont adoptées, l'Afghanistan reconnaîtrait officiellement l'autorité du Comité des Nations Unies contre la torture pour effectuer des visites dans les lieux de détention et s'engagerait à créer un organisme de surveillance indépendant chargé de visiter les lieux de détention avec le soutien du Sous-Comité des Nations Unies pour la prévention de la torture.

 

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