Des experts de l'ONU demandent à la Russie de mettre fin aux persécutions et à la détention d'homosexuels en Tchétchénie

17 avril 2017

Les hommes détenus dans la République russe de Tchétchénie simplement parce qu'ils sont perçus comme étant homosexuels doivent être immédiatement libérés et les abus et persécutions doivent cesser, ont déclaré des experts des Nations Unies en matière de droits de l'homme.

Les experts demandent également aux autorités russes de condamner fermement toutes les déclarations homophobes, qui constituent une incitation à la haine et à la violence.

« Nous exhortons les autorités à mettre fin à la persécution de personnes perçues comme homosexuelles ou bisexuelles en République tchétchène qui vivent dans un climat de peur alimenté par des discours homophobes par les autorités locales », ont-ils ajouté. « Il est essentiel que les informations faisant état d'enlèvements, de détentions illégales, de tortures, de coups et d'homicides d'hommes perçus comme homosexuels ou bisexuels fassent l'objet d'enquêtes ».

L'appel fait suite à des informations faisant état en Tchétchénie, depuis mars, d'enlèvements d'hommes perçus comme gays ou bisexuels, par des milices locales et des forces de sécurité locales, suivis de détention arbitraire, de violence, de torture et d'autres mauvais traitements.

Il y aurait même des cas de meurtres fondés sur l'orientation sexuelle perçue. Certains par des membres de la famille. « Ce sont des actes de persécution et de violence à une échelle sans précédent dans la région et ils constituent de graves violations des obligations de la Fédération de Russie en vertu du droit international des droits de l'homme », ont déclaré les experts.

« Nous demandons aux autorités de procéder à la libération immédiate de toutes les personnes détenues illégalement en République de Tchétchénie sur la base de leur orientation sexuelle réelle ou perçue, de mener des enquêtes rapides, approfondies et impartiales sur tous les cas suspects d'enlèvement, de détention illégale, de torture et de meurtres illégaux, et de veiller à ce que tous ceux qui sont impliqués dans tels actes rendent des comptes et que les victimes bénéficient d'un recours effectif », ont-ils ajouté.

Les experts ont condamné les déclarations de responsables tchétchènes suggérant que les homosexuels devraient être chassés et tués et ont prévenu que de tels commentaires constituaient une incitation à la haine et à la violence.

« La Fédération de Russie doit déclarer officiellement qu'elle ne tolère aucune forme d'incitation à la violence, de stigmatisation sociale de l'homosexualité ou de discours de haine et ne tolère pas la discrimination ou la violence à l'égard des personnes en fonction de leur orientation sexuelle ou de leur identité », ont-ils dit.

« Nous appelons la Russie à prendre des mesures urgentes pour protéger la vie, la liberté et la sécurité des homosexuels et bisexuels en Tchétchénie et enquêter et punir les actes de violence motivés par l'orientation sexuelle », ont conclu les experts des droits humains de l'ONU. Les experts sont en contact avec les autorités russes pour surveiller de près la situation.

Ces experts sont : Vitit Muntarbhorn, Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre; Sètondji Roland Adjovi, Pprésident-rapporteur du Groupe de travail sur les détentions arbitraires; Agnès Callamard, Rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires; Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants; et David Kaye, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression.

 

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