Haïti : l'ONU inaugure un système d'approvisionnement en eau à Lascahobas dans le cadre de la lutte contre le choléra

17 avril 2017

Historiquement, les habitants de Madan Mak et de Loncy dans la commune de Lascahobas ont toujours eu de sérieux problèmes d'accès à l'eau potable. Situées dans une région montagneuse du plateau central d'Haïti, à quelques centaines de kilomètres de la capitale, Port-au-Prince, les deux communautés faisaient partie, il y a encore quelques semaines, des 42% de la population du pays n'ayant pas accès à l'eau potable.

Lorsque l'épidémie de choléra a frappé la région du Plateau Central, la nécessité d'une eau potable sûre est devenue cruciale pour éliminer la transmission de la maladie.

« Avant que l'eau ne vienne ici, nous devions faire beaucoup d'efforts pour trouver de l'eau potable. Nous étions obligés d'aller chercher de l'eau au Mont-Désir, qui se trouve à quelques kilomètres », explique Maria-Rose Joseph, une habitante de Loncy. Quand elle ne pouvait pas parcourir la distance, Mme Joseph était obligée d'utiliser une source d'eau dangereuse, malgré les risques de transmission de maladies d'origine hydrique telles que la diarrhée, la dysenterie, la typhoïde et le choléra.

Selon les Nations Unies, les efforts visant à assurer l'approvisionnement en eau potable et l'accès à l'assainissement sont essentiels pour éliminer le choléra.

« L'élimination du choléra peut être atteinte à moyen terme - deux ou trois ans - si l'accent est mis sur l'action immédiate. C'est-à-dire sur la capacité d'intervention, la gestion et le traitement immédiat de l'eau. Mais rien ne peut se faire sans investissement dans l'eau, l'assainissement et l'hygiène », explique El-Mostafa Benlamlih, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général et le Coordonnateur humanitaire de l'ONU pour Haïti.

Ne pas relâcher les efforts

Pour répondre aux préoccupations de ceux qui vivent à Mangoule, le département d'Artibonite a proposé un nouveau projet à la mission de maintien de la paix de l'ONU en Haïti (MINUSTAH). « C'était un projet essentiel pour la région parce que les habitants n'avaient pas d'eau potable. D'autres zones ont le même problème, mais, pour l'instant, nous n'avons pas les ressources nécessaires pour mener à bien ces autres projets essentiels », a déclaré Fritson Jean-Baptiste, conseiller du département d'Artibonite.

« Toute la région de Petit-Fond bénéficie de l'approvisionnement en eau potable. Certes, sans l'aide de MINUSTAH, le projet n'aurait jamais eu lieu et c'est pourquoi nous voulons remercier tous les acteurs impliqués », a-t-il ajouté.

Le projet a impliqué le captage de l'eau à la source de Mangoule, suivie par la construction d'un bassin de sédimentation de 8 mètres cubes. Ensuite, un réservoir de 60 mètres cubes, pour stocker l'eau et fournir les huit kiosques et trois points d'eau, a été construit. Le coût total du projet s'est élevé à environ 94.000 dollars, dont 89.00 dollars ont été financés par la MINUSTAH.

Récemment inauguré en présence des autorités locales et de dirigeants de la MINUSTAH, le projet permet maintenant de répondre aux besoins de plus de 14.000 personnes en leur facilitant l'accès à l'eau potable.

« Nos besoins en eau sont clairs et avec la mise en œuvre réussie de chaque nouveau projet, on peut vraiment voir le changement et l'amélioration des conditions de vie des gens », déclare Lehon Johasse, Coordinateur des actions en santé et en développement d'Haïti, l'une des agences locales chargées de mettre en œuvre ce type de projet.

Pour M. Benlamlih, les investissements dans les secteurs de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène doivent se poursuivre et le soutien des bailleurs de fonds est crucial. « Haïti a besoin de ses partenaires et de ses bailleurs de fonds. C'est un effort collectif - et les Nations Unies sont là pour aider, coordonner, agir et travailler avec les ONG, travailler avec les autorités nationales et les institutions nationales. Nous avons besoin du soutien des bailleurs de fonds. Ce soutien est absolument nécessaire », a-t-il dit.

« Nous ne devons pas relâcher nos efforts », a-t-il ajouté. « Il n'y a aucune garantie que le choléra ne reparte pas »

Plus de 805.000 personnes affectées par le choléra

Une partie du projet de captage de la source de Mangoule vise à aider les autorités haïtiennes à améliorer l'infrastructure publique et les conditions de vie de la population. Dans le cadre de sa nouvelle approche pour lutter contre le choléra, l'ONU veut intensifier son soutien au gouvernement haïtien pour la construction de systèmes d'eau potable, d'assainissement et de soins de santé tout en élaborant un programme de soutien pour fournir une assistance matérielle aux Haïtiens les plus directement touchés par la maladie.

Depuis 2010, l'épidémie de choléra a directement affecté 805.000 personnes et causé la mort de plus de 9.480 personnes [chiffres officiels au 11 mars 2017]. Les efforts nationaux et internationaux soutenus par l'ONU ont entraîné une réduction de 90% du nombre de cas présumés de choléra par rapport au pic de l'épidémie en 2011.

« Je suis tellement contente de pouvoir avoir de l'eau maintenant. Nous avons besoin de l'eau. Avant, nous devions nous lever à 4 heures du matin pour être sûrs d'avoir de l'eau potable. Je suis tellement satisfaite de ce projet réussi qu'il faut le dire haut et fort. Nous n'avions pas d'eau pour nous laver, pas d'eau à boire, et le choléra est venu nous emporter. Maintenant, nous avons de l'eau et nous sommes soulagés », a déclaré Sonia Verville, bénéficiaire du projet à Madan Mak.

 

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