Un expert de l'ONU appelle à se détourner des médicaments pour lutter contre la dépression

5 avril 2017

Le traitement des personnes souffrant de dépression doit s'éloigner de la forte dépendance aux médicaments et aux interventions médicalisées et s'intéresser davantage à la lutte contre les inégalités et les « déséquilibres de pouvoir » qui sous-tendent souvent cet état, a déclaré un expert des droits de l'homme des Nations Unies.

Dans un communiqué de presse publié avant la Journée mondiale de la santé le 7 avril, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la santé, Dainius Pūras, affirme que les sociétés doivent reconsidérer les approches biomédicales dominantes de la dépression conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) pour garantir le droit à la santé pour tous.

« Une approche équilibrée de la santé mentale est nécessaire, notamment en ce qui concerne les services, les soins et le soutien aux personnes, afin que nous puissions élaborer de meilleures interventions dans les communautés et renforcer la protection de ceux qui utilisent les services de santé», a déclaré M. Pūras.

Ces propos de l'expert interviennent dans une contexte de preuves croissantes suggérant un lien entre la dépression et les difficultés rencontrées lors de la petite enfance, les inégalités, l'insécurité et la violence, dont certaines sont fondées sur le genre, et leurs effets disproportionnés sur les personnes vulnérables, comme les personnes touchées par la pauvreté et l'exclusion sociale.

« Traiter la dépression et d'autres formes de détresse psychosociale avec des médicaments est devenu l'approche dominante. Cependant, l'utilisation des médicaments psychotropes comme traitement prioritaire, en particulier pour les cas légers et modérés de dépression, n'est tout simplement pas étayée. La trop forte dépendance envers des interventions biomédicales cause plus de mal que de bien, porte atteinte au droit à la santé et doit être abandonnée », a souligné M. Pūras.

Selon lui, « les interventions psychiatriques ne sont pas nécessaires dans de nombreux cas et des soins et un soutien appropriés peuvent être fournis par des professionnels de la santé, tels que les médecins de famille, les infirmières communautaires et les visiteurs à domicile ».

L'expert a demandé aux États de déplacer leurs investissements en matière de santé mentale des 'déséquilibres chimiques' vers les 'déséquilibres de pouvoir et les inégalités'.

Aidez-nous à connaître votre opinion sur ONU Info et à répondre à vos besoins : prenez 4 minutes pour répondre à notre sondage!

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Plus de 300 millions de personnes vivent avec la dépression, selon l'OMS

La dépression est la première cause de morbidité et d'incapacité dans le monde et plus de 300 millions de personnes dans le monde vivent désormais avec ce problème, soit une augmentation de plus de 18% de 2005 à 2015, selon les dernières estimations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).