Australie : une experte de l'ONU dénonce les taux élevés d'emprisonnement des peuples autochtones

4 avril 2017

L'Australie doit réduire les taux élevés d'emprisonnement chez les peuples autochtones et intensifier la lutte contre le racisme, a déclaré une experte des droits de l'homme des Nations Unies à la fin d'une visite officielle dans le pays.

« Il est alarmant de voir que, si le pays a adopté de nombreuses politiques visant à remédier aux désavantages socio-économiques des peuples aborigènes et de ceux des îles du détroit de Torres, il ne respecte pas leurs droits à l'autodétermination et à une participation pleine et effective à la société », a déclaré la Rapporteuse spéciale sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz, dans un communiqué de presse.

« Les politiques gouvernementales n'ont pas réussi à atteindre les objectifs dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'emploi, ont conduit à un nombre croissant de personnes emprisonnées et ont entraîné l'éloignement d'un nombre croissant d'enfants de chez eux dans les communautés aborigènes et des îles du détroit de Torres », a-t-elle ajouté.

L'experte a indiqué que les taux élevés d'incarcération lui ont été décrits « comme un tsunami affectant les populations autochtones ». « C'est une préoccupation majeure en matière de droits de l'homme. Les chiffres sont tout simplement étonnants. Bien que les aborigènes et les communautés des îles du détroit de Torres ne représentent que 3% de la population totale, ils constituent 27% de la population carcérale et beaucoup plus dans certaines prisons », a-t-elle souligné.

« Le taux d'incarcération des jeunes aborigènes et des îles du détroit de Torres est alarmant », a déclaré Mme Tauli-Corpuz, qui a visité le centre de détention de jeunes de Cleveland à Townsville, dans le Queensland, où les enfants aborigènes et des îles du détroit de Torres représentent 95% des enfants détenus.

La Rapporteuse spéciale a demandé au gouvernement australien de forger une nouvelle relation avec l'organe national de représentation des peuples autochtones, le Congrès national des Premiers Peuples d'Australie, et de rétablir son financement.

Elle s'est déclarée préoccupée par le fait que le gouvernement ne respectait pas les objectifs visant à combler l'écart dans des domaines tels que l'espérance de vie, la mortalité infantile, l'éducation et l'emploi. Elle a appelé à une approche globale comprenant des objectifs spécifiques pour la réduction des taux de détention, de placement d'enfants et de violence à l'égard des femmes.

« J'ai demandé au gouvernement d'adopter une approche participative basée sur la consultation des peuples autochtones et de prendre en compte la 'Déclaration Redfern', présentée par les organisations aborigènes et du détroit de Torres en 2016, car elle définit des domaines prioritaires d'action et des recommandations sur des questions allant de la santé, à la justice, à la prévention de la violence, au handicap, aux enfants et aux familles », a conclu l'experte.

 

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