RDC : les besoins humanitaires dépassent la capacité d'intervention dans la province du Tanganyika, selon l'ONU

22 mars 2017

Le Coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), Mamadou Diallo, a attiré mercredi l'attention sur la violence qui sévit dans la province du Tanganyika au sud-est du pays depuis juillet 2016 et a forcé plus de 370.000 personnes à fuir leurs domiciles.

« Il s'agit de la situation la plus urgente dans un pays confronté à une aggravation de la situation humanitaire », a déclaré M. Diallo dans un communiqué de presse publié par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Le Coordonnateur humanitaire a dirigé une délégation de haut niveau d'agences des Nations Unies, de bailleurs de fonds et d'ONG lors d'une visite de trois jours dans les territoires de Kalemie et de Manono afin d'attirer l'attention sur les besoins de la province de Tanganyika. Ces deux territoires qui représentent près de 75% de la population déplacée, sont les plus touchés par la violence qui ravage les communautés Luba et Twa.

À Kalemie, la délégation a visité le site de Kalunga, où vivent environ 17.000 personnes et où des ONG fournissent des services d'urgence en matière d'eau et de soins de santé. Cependant, d'autres besoins essentiels y compris l'hébergement ne sont pas satisfaits. S'adressant à la délégation, une femme déplacée a plaidé pour des projets d'éducation pour les milliers d'enfants afin d'éviter leur marginalisation.

À Manono, la délégation a visité le site de Kamala où la prestation de l'aide est particulièrement difficile en raison des contraintes d'accès. Ce territoire représente le berceau du conflit intercommunautaire qui affecte la province. La délégation a vu des huttes brûlées et détruites appartenant à ceux qui ont été forcés de fuir leur communauté. Les besoins urgents continueront de croître jusqu'à ce que la coexistence pacifique puisse être assurée, selon OCHA.

Depuis juillet 2016, la province a connu une recrudescence de la violence entre les communautés Luba et Twa, qui a entraîné des déplacements forcés massifs, y compris dans les provinces voisines.

Selon OCHA, environ 370.000 personnes ont fui la violence dans les six territoires au cours des neuf derniers mois. L'insécurité perturbe les opérations humanitaires. « À moins que la coexistence pacifique ne soit entièrement rétablie entre les deux communautés, les besoins humanitaires continueront à augmenter », a déclaré le Coordonnateur humanitaire.

Un montant estimé à 40 millions de dollars est nécessaire pour couvrir tous les besoins humanitaires. « Le Tanganyika est devenu un point chaud humanitaire, mais nos capacités actuelles de réponse sont dépassées par le niveau des besoins. Nous attendons de nos donateurs qu'ils nous aident à répondre aux besoins croissants », a conclu M. Diallo.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

RDC : l'ONU préoccupée par les allégations de nouvelles violences dans la région du Kasaï

La Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) a exprimé ce weekend sa vive préoccupation concernant les allégations faisant état de nouvelles violences à Kananga, dans la région du Kasaï, entre le 14 et le 17 mars 2017.