Myanmar : une experte de l'ONU met en garde contre d'éventuelles représailles après sa visite

24 janvier 2017

La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l'homme au Myanmar, Yanghee Lee, a mis en garde mardi contre d'éventuelles représailles contre les personnes qu'elle a rencontrées lors de sa récente visite officielle dans le pays, du 9 au 21 janvier.

« Il y a un mot qui a lourdement pesé dans mon esprit pendant cette visite - les représailles », a dit l'experte de l'ONU dans un communiqué de presse.

« Je suis profondément préoccupée par le sort des personnes que j'ai rencontrées et avec qui j'ai parlées, par le sort de ceux qui critiquent le gouvernement, qui défendent les droits des autres, et qui ont exprimé des pensées et des opinions qui ne correspondent pas à celles de ceux qui sont au pouvoir », a-t-elle ajouté.

Elle a jugé particulièrement alarmant d'apprendre la reprise des opérations des forces de sécurité au nord de l'État de Rakhine, avec des raids menés dans plusieurs villages.

Mme Lee s'est dit particulièrement inquiète d'avoir noté pendant sa visite que les sentiments d'optimisme et d'espoir semblaient disparaître lentement chez les gens ordinaires au Myanmar un an après l'exaltation observée avec les résultats des dernières élections générales.

« Il est évident que la situation à Kachin et aux frontières septentrionales se détériore », a-t-elle déclaré. « Ceux qui sont dans l'État de Kachin me disent que la situation est maintenant pire que jamais au cours des dernières années. Alors que je n'ai pas été en mesure de voyager dans les régions les plus gravement touchées, la situation est telle que même à Myitkyina, la capitale de l'État avec une population de plus de 300.000 personnes, les habitants ont peur et restent chez eux la nuit ».

Dans l'État de Rakhine, la Rapporteuse spéciale s'est rendue aux postes frontières qui ont été attaqués le 9 octobre par des individus armés. Elle a transmis ses plus sincères condoléances aux familles des personnes tuées brutalement pendant les attaques. Elle s'est aussi rendue dans plusieurs villages musulmans.

L'experte a également noté le clip vidéo montrant des policiers battant des hommes et des enfants qui ont été rassemblés lors d'opérations de sécurité et a souligné la possibilité qu'un tel traitement de la population locale ne soit pas un incident isolé.

Au cours de sa visite de 12 jours, l'experte a abordé un large éventail de questions relatives aux droits de l'homme auprès des autorités et des divers acteurs, y compris des dirigeants politiques et communautaires, des représentants de la société civile, des victimes de violations des droits de l'homme et des membres de la communauté internationale.

La Rapporteuse spéciale présentera son rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU en mars 2017. Il comprendra ses observations et recommandations au gouvernement du Myanmar.

 

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