Pakistan : un expert de l'ONU demande aux autorités de retrouver quatre militants des droits de l'homme disparus

12 janvier 2017

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la liberté d'expression, David Kaye, a appelé mercredi les autorités pakistanaises à retrouver rapidement quatre militants des droits de l'homme actifs sur les médias sociaux qui ont disparu depuis début janvier.

Ces quatre militants - Waqas Goraya, Asim Saeed, Salman Haider et Ahmed Raza Naseer ont disparu entre le 4 et le 7 janvier. Des médias traditionnels les avaient accusés d'encourager le blasphème, une infraction criminelle au Pakistan.

« Aucun gouvernement ne devrait tolérer les attaques contre ses citoyens », a déclaré l'expert des droits humains. « En faisant de l'enquête sur ces disparitions une priorité, les autorités pakistanaises peuvent envoyer un signal ferme qu'elles prennent au sérieux la responsabilité concernant la vie et la sécurité de tous leurs citoyens, particulièrement en ce qui concerne la liberté d'expression ».

« Les militants et experts de la liberté d'expression ont depuis longtemps demandé l'abolition des dispositions relatives au blasphème au Pakistan, qui peuvent entraîner la peine de mort », a noté M. Kaye. « Non seulement ces lois sont incompatibles avec le droit international des droits de l'homme, elles facilitent aussi les menaces exercées par des acteurs étatiques et non étatiques qui cherchent à cibler cette liberté d'expression ».

Le Rapporteur spécial des Nations unies a relevé que « tous les États ont l'obligation de promouvoir un environnement favorable à la liberté d'expression ». « Ce type d'environnement ne se crée pas tout seul », a-t-il ajouté.

« Je demande instamment au gouvernement du Pakistan de prendre toutes les mesures possibles pour localiser les quatre militants disparus, ce qui constituera une première étape pour réaffirmer son engagement commun à l'égard de la liberté d'expression en ce début de l'année ».

David Kaye a été nommé Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en août 2014.

 

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