Somalie : l'ONU et ses partenaires internationaux appellent au respect de l'intégrité du processus électoral

27 décembre 2016

La Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM) et la communauté internationale ont exprimé mardi leur sérieuse préoccupation concernant un certain nombre de décisions annoncées par le Forum national des dirigeants (NLF) de Somalie dans un communiqué daté du 24 décembre.

Dans une déclaration publiée conjointement avec l'Union africaine, l'Union européenne, l'Autorité intergouvernementale pour le développement, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis, les Nations Unies saluent l'entrée en fonction du Parlement fédéral, la qualifiant de « pas en avant » dans le processus électoral.

Cependant, les partenaires internationaux souhaitent voir le processus électoral « aller de l'avant » avec les 54 sièges existants dans la Chambre haute comme le stipule la constitution provisoire somalienne.

Dans son communiqué du 24 décembre, la NLF a annoncé l'ajout de 18 sénateurs supplémentaires à la Chambre haute, nommés par les gouvernements régionaux, et approuvés par décrets présidentiels. Toutefois, les partenaires internationaux ont souligné que toute nouvelle expansion de la Chambre haute ne devrait être envisagée « qu'après la tenue du vote présidentiel au sein du nouveau parlement fédéral et la mise en œuvre d'un processus constitutionnel approprié ».

Les partenaires ont pris note du communiqué du NLF du 26 décembre désignant l'organisation d'un nouveau vote pour cinq sièges de la Chambre du Peuple (chambre basse). « Mais cela n'aborde pas un certain nombre d'autres cas flagrants d'abus du processus électoral, y compris des sièges réservés seulement aux candidates femmes qui ont été finalement prises par des candidats hommes », ont-ils déploré.

Eviter un autre report dans un processus électoral déjà retardé

La MANUSOM et ses partenaires ont également exprimé leurs inquiétudes concernant la décision du NLF de revalider des candidatures qui avaient été disqualifiées par les organes électoraux du pays en raison d'abus et de malversations. « (Cela) représente une amnistie générale pour certaines des irrégularités les plus flagrantes observées pendant ce processus électoral », ont-ils regretté, soulignant que cette décision contrevient également à l'engagement solennel du Gouvernement fédéral de respecter l'état de droit.

« Si ces candidats sont autorisés à prendre leurs sièges au dixième parlement somalien, cela remettra en question l'engagement exprimé par le NLF envers les principes de responsabilité et de crédibilité qui sous-tendent l'ensemble du processus », ont averti les partenaires. « Cela compromettra aussi le code de conduite électoral signé par tous les candidats aux sièges parlementaires dans l'esprit d'harmonisation des règles équitables et de mise en œuvre d'un processus crédible », ont-ils ajouté.

Les partenaires internationaux croient fermement que les élections doivent être réorganisées pour les sièges où « la violence, la corruption, l'intimidation, la substitution non autorisée de délégués à des collèges électoraux et la non-attribution d'un siège sur trois à des candidates exclusivement féminines ont clairement faussé les résultats du scrutin ».

L'ONU et ses partenaires ont demandé au Parlement fédéral de publier dès que possible un calendrier pour l'achèvement du processus afin d'élire les présidents et vice-présidents du nouveau Parlement fédéral et le Président fédéral. « Ce calendrier devrait être strictement mise en œuvre afin d'éviter un autre report dans un processus électoral censé avoir pris fin plus tôt cette année », ont-ils prévenu, soulignant qu'il est particulièrement nécessaire de conclure rapidement le processus en vue de la prochaine réunion du Conseil de sécurité sur la Somalie prévue le 19 janvier 2017.

Pour les partenaires internationaux, l'intégrité du processus électoral de 2016 est en jeu. « Davantage de retards et une incapacité à demander des comptes aux parties qui ont commis de graves abus et des pratiques abusives compromettront la capacité et la volonté de la communauté internationale à s'engager avec le prochain gouvernement fédéral de la Somalie », ont-ils prévenu.

 

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