L'évacuation des quartiers est d'Alep s'est achevée mais la situation en Syrie demeure catastrophique, selon OCHA

23 décembre 2016

Le Directeur des opérations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, John Ging, a indiqué, vendredi, au Conseil de sécurité, que le personnel de l'ONU avait pu surveiller les opérations d'évacuation conduites dans l'est d'Alep.

Le Directeur des opérations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), John Ging, a indiqué, vendredi, au Conseil de sécurité, que le personnel de l'ONU avait pu surveiller les opérations d'évacuation conduites dans l'est d'Alep, conformément à la résolution adoptée au début de cette semaine.

Si ces opérations se sont achevées dans la nuit de jeudi à vendredi, permettant ainsi l'évacuation de plus de 35.000 personnes, la situation en Syrie demeure néanmoins catastrophique, a-t-il averti.

Evacuation d'Alep : des opérations d'une « extrême complexité »

Le personnel onusien a pu surveiller les évacuations conduites par bus et ambulances et, « dans la mesure du possible », s'assurer qu'aucune personne n'a été violentée, débarquée ou détenue au passage des points de contrôle, a affirmé M. Ging. Il a insisté sur « l'extrême complexité » des opérations d'évacuation, en raison des conditions posées lors des négociations par les parties, en vue notamment d'une « synchronisation » des évacuations dans l'est d'Alep et celles conduites dans les villages de Foah et de Kafraya.

Les personnes évacuées ont pu se rendre là où elles le souhaitaient, a assuré le Directeur des opérations, tout en précisant que l'écrasante majorité s'était rendue dans les zones contrôlées par des groupes armés non étatiques.

M. Ging a passé en revue les différents incidents sécuritaires qui ont fait obstacle aux opérations d'évacuation. L'ONU a ainsi reçu des informations crédibles selon lesquelles des forces alliées non syriennes dans l'ouest d'Alep auraient, le 16 décembre, détenu et passé à tabac 10 personnes parmi les 800 évacuées à ce moment-là, et en en tuant une autre, a déploré le Directeur des opérations.

Le Directeur des opérations d'OCHA a, en particulier, attiré l'attention des membres du Conseil sur la situation de la population civile dans la ville d'Edleb. « Celle-ci court le risque de connaître le même destin que celle d'Alep si elle devient l'enjeu d'une nouvelle offensive plus soutenue », a prévenu M. Ging. Parmi les 2 millions de personnes de la ville, 700.000 sont des personnes déplacées, dont 35.000 viennent des quartiers est d'Alep.

De manière générale, M. Ging a estimé à 13,5 millions le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire d'urgence en Syrie, en précisant que près de 9 millions de personnes étaient exposées à une insécurité alimentaire.

« Il n'y a pas de solution militaire à la crise »

M Ging a vivement regretté les obstacles qui entravent le bon acheminement de l'aide, dont les retards accusés par le gouvernement syrien dans l'approbation des convois. « Nous avons besoin de procédures simplifiées », a-t-il insisté. Le responsable d'OCHA a fait remarquer que l'ONU et ses partenaires avaient, en cas d'accord du gouvernement syrien, la capacité d'apporter une aide immédiate à plus de 300.000 personnes se trouvant dans les zones assiégées et difficiles d'accès.

« Malgré les appels pour mettre fin aux sièges comme tactique de guerre, 2016 s'achève avec des centaines de milliers de civils pris au piège, tandis que les travailleurs humanitaires continuent d'éprouver des difficultés à leur apporter de l'aide », a affirmé le Directeur des opérations d'OCHA. M. Ging a donc appelé les membres du Conseil, ainsi que toutes les parties au conflit et leurs alliés, à redoubler d'efforts pour mettre fin au conflit et à fournir, dans l'intervalle, un appui efficace à l'action humanitaire conduite dans le pays.

« Comme cela a été dit à maintes reprises, il n'y a pas de solution militaire à la crise », a-t-il affirmé, en saluant l'annonce faite par l'Envoyé spécial, M. Staffan de Mistura, d'une reprise des pourparlers politiques en février 2017.

 

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