Corée du Nord : deux hauts responsables de l'ONU dressent un sombre tableau de la situation des droits de l'homme

9 décembre 2016

Le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, et le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, Andrew Gilmour, ont dressé vendredi devant le Conseil de sécurité un sombre tableau de la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, et le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, Andrew Gilmour, ont dressé vendredi devant le Conseil de sécurité un sombre tableau de la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC), citant des formes d'esclavage, des actes de torture, du travail forcé et des persécutions pour motifs politique, religieux et racial.

Affichant, comme en 2015, ses divisions, le Conseil de sécurité n'a pu tenir cette réunion consacrée à la situation en RPDC, la troisième du genre, qu'à l'issue d'un vote de procédure. Le vote a recueilli 9 voix pour, 5 contre (Angola, Chine, Russie, Égypte et Venezuela) et 1 abstention (Sénégal).

Les neuf pays ayant voté pour avaient demandé la tenue de cette réunion dans une lettre en date du 1er décembre, adressée au Président du Conseil de sécurité.

La Chine, par la voix de son représentant, a expliqué que le Conseil n'était pas l'enceinte idoine pour débattre des droits de l'homme et de la « politisation » de ces droits. « La situation des droits de l'homme en RPDC doit faire l'objet d'un examen par le Conseil des droits de l'homme », a insisté le délégué de la Russie. En revanche, la représentante des États-Unis a estimé que cette situation ne pouvait être considérée comme « neutre », « dans la mesure où elle a un impact sur la stabilité de la péninsule coréenne ».

La réunion du Conseil se tenait dix jours après l'adoption de la résolution 2321 (2016), par laquelle le Conseil a renforcé les sanctions à l'encontre de la RPDC.

« L'Histoire nous apprend que des violations graves des droits de l'homme sont des signes avant-coureurs d'instabilité et de conflit », a déclaré le Vice-Secrétaire général. Il a rappelé les conclusions de la Commission d'enquête de 2014 sur les violations des droits de l'homme en RPDC, qui ont révélé le visage d'« un État sans équivalent dans le monde contemporain ». Selon la Commission d'enquête, des crimes contre l'humanité ont été commis en RPDC.

M. Eliasson a estimé que les autorités du pays n'avaient rien fait pour remédier à cette situation. Il a insisté sur les souffrances endurées « en raison d'un réseau cruel de camps pour prisonniers politiques, de l'exploitation économique et des discriminations sociales largement répandues ».

De son côté, M. Gilmour a évoqué les traitements inhumains infligés aux détenus, tels que la torture mais aussi un accès inadéquat aux vivres, à l'eau et à l'hygiène. « Quant à ceux qui sont accusés de crimes politiques, ils sont détenus dans des camps, dont l'existence est tenue secrète, même si l'imagerie satellite la confirme », a assuré le Sous-Secrétaire général.

Pour remédier à la situation en RPDC, M. Eliasson a appelé à la promotion d'un dialogue sur les droits de l'homme et suggéré l'organisation de visites de l'ONU sur le terrain. La communauté internationale doit protéger la population des violations les plus graves, a-t-il déclaré.

 

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