L'Assemblée générale exige l'arrêt immédiat des attaques contre les civils en Syrie

9 décembre 2016

Exprimant son indignation face à l'escalade de la violence en Syrie, en particulier à Alep, l'Assemblée générale des Nations Unies, l'organe qui regroupe les 193 États membres de l'Organisation, a adopté vendredi une résolution demandant un arrêt immédiat et complet de toutes les attaques contre les civils.

Dans une résolution adoptée par 122 voix pour, 13 voix contre et 36 abstentions, l'Assemblée générale s'est également déclarée gravement préoccupée par la détérioration continue de la situation humanitaire dans le pays et a demandé « un accès humanitaire rapide, sûr, durable, sans entrave et inconditionnel à travers le pays pour l'ONU [...] et tous les acteurs humanitaires ».

L'adoption de cette résolution intervient quelques jours après que le Conseil de sécurité de l'ONU a rejeté un projet de résolution demandant une trêve à Alep, en raison du veto mis par deux membres permanents du Conseil, la Russie et la Chine.

Plus tôt vendredi, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a indiqué qu'il y aurait environ 100.000 civils dans les zones contrôlées par les groupes d'opposition armés dans l'est d'Alep, et que 30.000 autres auraient fui les bombardements vers les zones contrôlées par le gouvernement.

La résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies souligne la nécessité que toutes les parties au conflit appliquent pleinement et immédiatement toutes les dispositions des diverses résolutions du Conseil de sécurité concernant la situation dans le pays. Elle déclare que toutes les parties doivent prendre « toutes les mesures appropriées pour protéger les civils ».

Le texte adopté rappelle également que la responsabilité de protéger la population en Syrie incombe en priorité aux autorités syriennes.

Dans cette résolution, soumise par le Canada, l'Assemblée générale exprime son indignation face aux violations graves et persistantes du droit humanitaire et des droits de l'homme, pointant du doigt notamment les bombardements, l'utilisation d'armes chimiques et d'autres armes prohibées, et l'utilisation des sièges et de la famine comme arme de guerre, qui ont causé de profondes souffrances et créé des conditions « propices à l'émergence et à la propagation du terrorisme ».

L'Assemblée se déclare également profondément préoccupée par la présence d'organisations terroristes dans le pays et condamne les attaques et violations des droits de l'homme et du droit humanitaire perpétrées par ces organisations.

Dans une déclaration à la presse publiée vendredi, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, s'est dit toujours très préoccupé par la « tragédie » qui se déroule à Alep.

« Au cours des dernières 72 heures, les frappes aériennes, les bombardements et les combats de rue, en particulier dans les quartiers de l'est de la ville, ont tué ou blessé des dizaines de civils. Depuis hier, des milliers d'autres ont fui les combats dans l'est d'Alep, assiégée, avec rien d'autre que leurs vêtements sur le dos et leurs enfants dans les bras », a-t-il ajouté.

Le chef de l'humanitaire de l'ONU a demandé une nouvelle fois « une trêve immédiate, réelle et complète ». « Nous sommes prêts à faciliter l'évacuation volontaire et sûre des civils blessés, malades et vulnérables de la partie assiégée de la ville », a-t-il dit.

« Le comportement des parties au cours des prochains jours décidera du sort des civils à Alep », a-t-il conclu.

 

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