RDC : l'ONU s'inquiète de la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est du pays

30 novembre 2016

Le Coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), Mamadou Diallo, s'est dit inquiet de la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est du pays après le massacre d'au moins 30 personnes par des miliciens à Luhanga, dans la province du Nord-Kivu.

Le 27 novembre dernier, des miliciens ont attaqué le site spontané de Luhanga majoritairement occupé par des personnes de la communauté Hutu. Selon la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO), au moins 30 personnes ont été tuées et 13 autres blessées, dont 3 femmes et 10 enfants. Les blessés ont été hospitalisés, la moitié dans un état critique, et 29 victimes ont été enterrées le 28 novembre.

Depuis le début de l'année, il s'agit de la deuxième attaque de cette ampleur dans cette région en proie à divers conflits intercommunautaires.

« Conformément au droit international humanitaire et des droits de l'homme, les personnes déplacées internes doivent être protégées contre toute attaque directe et indiscriminée ou tout acte de violence à leur égard ou dans leur camps ou lieu d'hébergement. En tant que Coordonnateur humanitaire, et au nom de l'ensemble de la communauté humanitaire en RDC, je condamne dans les termes les plus forts la violence perpétrée lors de l'attaque contre le site de déplacés survenu le 27 novembre », a déclaré le Coordonnateur humanitaire en RDC, Mamadou Diallo, dans un communiqué de presse.

Les victimes de cette récente attaque figurent parmi les 1.262 personnes déplacées, majoritairement de la communauté Hutu, qui occupent le site spontané de Luhanga depuis le 21 novembre. Elles font partie des 5.930 personnes déplacées installées dans le site et en périphérie après avoir fui plusieurs villages au sud du territoire du Lubero suite à une attaque lancée par des présumés Mayi-Mayi Mazembe entre les 6 et 14 novembre 2016, lors de laquelle 14 personnes ont été tuées et 161 maisons incendiées.

Des problèmes fonciers et de succession ainsi que des rivalités tribales sont à l'origine de ce conflit intercommunautaire qui se détériore depuis septembre 2015 et qui a forcé plus de 100.000 personnes à se déplacer.

Malgré les quelques initiatives prises par le gouvernement pour tenter de résorber ces tensions intercommunautaires, la situation ne s'est toujours pas améliorée et de nouvelles violences intercommunautaires sont à craindre dans les territoires du Rutshuru, de Walikale et du Lubero de la province du Nord-Kivu, a souligné le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

 

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