RDC : le Conseil de sécurité déclare rester attentif à la situation des civils dans l'est du pays

23 novembre 2016

Les Représentants permanents de la France et de l'Angola auprès des Nations Unies ont fait le point mercredi sur la mission effectuée par le Conseil de sécurité en République démocratique du Congo (RDC) et en Angola, du 11 au 14 novembre derniers.

Le Représentant de la France, François Delattre, a estimé que « des compromis seront nécessaires de part et d'autre pour que la RDC connaisse une transition pacifique après le 19 décembre », date de la fin du mandat du Président Joseph Kabila.

Il a indiqué qu'à Kinshasa et à Beni, dans l'est du pays, le Conseil de sécurité a fait passer deux messages : la RDC est à un moment charnière de son histoire car, pour la première fois, une transmission pacifique du pouvoir possible; et le Conseil reste attentif à la situation des populations civiles dans l'est du pays. « Tout doit être fait pour les protéger », a-t-il dit.

Lors de sa visite, la délégation du Conseil a martelé que le dialogue reste la voie privilégiée pour surmonter les différends et que « la tenue d'élections libres, justes, crédibles, ouvertes, transparentes, pacifiques et dans le délai le plus court possible, conforme à la Constitution, est attendue par tous ».

M. Delattre a indiqué que le Conseil a incité l'ensemble des acteurs à poursuivre les discussions, après l'Accord du 18 octobre, pour que le processus électoral puisse se tenir dans un climat pacifique et dans un esprit de consensus.

Le Conseil de sécurité a encouragé les parties à prendre les mesures de confiance qui s'imposent, a-t-il dit, telles que la levée des poursuites judiciaires à des fins politiques, la libération de prisonniers politiques, un engagement clair de tous à respecter la Constitution et l'ouverture de l'espace politique.

« Des compromis seront nécessaires de part et d'autre, nous avons espoir que l'esprit de responsabilités politiques prévaudra », a dit François Delattre, qui a appelé les autorités à rétablir le signal de RFI et à lever l'interdiction de manifester.

S'agissant de la situation dans l'est du pays, il a indiqué que le Conseil de sécurité s'était rendu « pour la première fois à Beni » afin d'exprimer sa solidarité avec les victimes de récentes violences. « Les atrocités qui ont été commises dans cette région depuis deux ans sont un défi pour nous tous, pour la dignité humaine, pour la paix et la stabilité de la RDC et de la région », a-t-il dit.

Le Représentant français a affirmé qu'il n'y aurait pas de sécurité durable dans l'est de la RDC « tant que les groupes armés illégaux continueront à sévir dans cette région » et a estimé que la collaboration entre pays de la région était essentielle.

Son homologue de l'Angola, Gaspar Martins, a expliqué que les échanges entre les membres du Conseil et les autorités de son pays, qui préside actuellement la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, avaient montré que les acteurs régionaux sont mobilisés pour éviter « à tout prix » une détérioration de la situation en RDC.

La Présidence, le Parlement et le Gouvernement angolais sont préoccupés par la crise en RDC et ses conséquences éventuelles sur l'ensemble de la région, a-t-il fait observer, en estimant que l'appel au dialogue de l'Angola, « un pays qui, après 30 ans de conflit armé est parvenu à la paix et à la réconciliation nationale grâce précisément à un dialogue inclusif », devait être pris au sérieux.

 

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