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Syrie : le chef de l'ONU condamne la violente offensive aérienne sur Alep

Deux petites filles rentrent de l'école chez elles dans l'est d'Alep, en Syrie. Photo UNICEF/Rami Zayat
Deux petites filles rentrent de l'école chez elles dans l'est d'Alep, en Syrie. Photo UNICEF/Rami Zayat

Syrie : le chef de l'ONU condamne la violente offensive aérienne sur Alep

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné la violente offensive aérienne observée ces derniers jours sur Alep, en Syrie, qui a tué et mutilé des dizaines de civils syriens, y compris des enfants, privant l'est de la ville d'hôpitaux en état fonctionnement.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné la violente offensive aérienne observée ces derniers jours sur Alep, en Syrie, qui a tué et mutilé des dizaines de civils syriens, y compris des enfants, privant l'est de la ville d'hôpitaux en état fonctionnement.

Le chef de l'ONU « condamne également le bombardement aveugle qui a été signalé dans des parties du gouvernorat d'Alep et dans la partie ouest de la ville, y compris des frappes sur des écoles qui auraient tué des enfants », a déclaré son porte-parole dans un communiqué de presse publié dimanche soir.

M. Ban a rappelé à toutes les parties au conflit que viser des civils et des infrastructures civiles est un crime de guerre. « Il appelle toutes les parties prenantes à cesser immédiatement ces attaques », a dit son porte-parole. « Les responsables de ces atrocités et d'autres atrocités en Syrie, qui qu'ils soient et où qu'ils soient, devront un jour rendre des comptes ».

Le chef de l'ONU a également appelé toutes les parties prenantes à garantir la libre circulation des civils ainsi que l'accès « immédiat et sans entrave » de l'aide humanitaire.

Réunion du Conseil de sécurité

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée lundi à la situation en Syrie, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a dénoncé l'incapacité de la communauté internationale à « stopper l'anéantissement dans l'est de la ville d'Alep ».

Selon lui, les conditions humanitaires sont devenues « terrifiantes » dans cette partie de la ville. Il est à peine possible de survivre, a-t-il fait remarquer, tout en rappelant que les dernières rations alimentaires du PAM avaient été distribuées le 13 novembre. Les Nations Unies se tiennent prêtes à acheminer l'aide et à procéder à des évacuations médicales, une fois que les garanties sécuritaires auront été données par toutes les parties.

« J'appelle tous ceux qui ont de l'influence – une formule que je suis diplomatiquement obligé d'utiliser mais tout le monde sait autour de cette table et, au-delà, de qui il s'agit – à œuvrer pour mettre fin à ces cycles insensés de violence et au massacre à Alep », a ajouté M. O'Brien.

M. O'Brien s'est également dit préoccupé par le sort des personnes vivant dans d'autres zones assiégées, notamment dans les quatre villes de Madaya, Zabadani, Foah et Kefraya. Un seul convoi a pu atteindre ces quatre villes ces six derniers mois, a-t-il regretté. Il a appelé les acteurs qui ont de l'influence, notamment l'Iran et Jaysh al Fatah, à œuvrer pour permettre l'acheminement de l'aide et des évacuations médicales.

De son côté, la représentante de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Syrie, Elizabeth Hoff, a rappelé que la Syrie, avant le début du conflit, disposait de l'un des systèmes de santé les performants du Moyen-Orient, avec un taux de vaccination de 95% et une industrie pharmaceutique florissante. « Presque six ans plus tard, plus de 300.000 personnes ont été tuées et plus de 1,5 million d'autres ont été blessées dans le conflit. Chaque mois, on compte 30.000 blessés de plus », a-t-elle souligné.

Mme Hoff a constaté à quel point les services de santé sont dévastés, plus de la moitié des hôpitaux publics et des centres de santé étant fermés ou ne fonctionnant que partiellement. « Près des deux tiers des professionnels de santé ont fui à l'étranger et la production nationale de médicaments a chuté de deux tiers ; le taux de vaccination de moitié », a-t-elle ajouté.

En dépit d'un environnement sécuritaire dangereux, l'OMS a été en mesure d'acheminer plus de neuf millions de médicaments et de traitements dans toute la Syrie en 2016, a-t-elle précisé.