Soudan du sud: le Conseil de sécurité condamne les violences ethniques

19 novembre 2016

Le Conseil de sécurité a fermement condamné toutes les attaques contre des civils, les homicides à connotation ethnique, les discours haineux et les incitations à la violence au Soudan du Sud.

Dans une déclaration publiée vendredi soir, les membres du Conseil ont exprimé leur profonde inquiétude face à l'escalade de violences ethniques au Soudan du sud qui aurait été commise par l'Armée populaire de libération du Soudan du sud (APLS), l'Armée populaire de libération du Soudan du sud en opposition (APLS-IO), ainsi que par des milices et des groupes armés non identifiés.

La déclaration du Conseil intervient après avoir auditionné cette semaine la Représentante spéciale du Secrétaire général au Soudan du sud, Ellen Margrethe Løj, le Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, et le Président du Comité des sanctions sur le Soudan du Sud, sur la situation dans le plus jeune Etat du monde.

Les membres du Conseil ont convenu avec M. Dieng que ce qui a commencé comme un conflit politique s'est transformé en une guerre purement ethnique. Ils ont demandé au Gouvernement du Soudan du sud de s'attaquer immédiatement au discours de haine et aux violences ethniques, afin de promouvoir la réconciliation au sein de son peuple, y compris par un processus de justice et de responsabilité.

Les 15 ont souligné que la seule voie à suivre au Soudan du sud réside dans un processus politique véritable et inclusif, fondé sur le cadre fourni par l'Accord sur la résolution du conflit dans la République du Soudan du Sud qui permet à toutes les voix de participer à l'élaboration de l'avenir du pays.

Les membres du Conseil de sécurité ont également souligné que toutes les parties doivent s'engager dans la paix et prendre des mesures significatives pour mettre fin à la violence et aux violations du cessez-le-feu. Ils ont également appelé les parties à s'entendre immédiatement sur la mise en œuvre d'une cessation effective des hostilités afin d'éviter une escalade du conflit pendant la prochaine saison sèche et ont réaffirmé qu'il n'y avait pas de solution militaire au conflit.

Tout en rappelant la Résolution 2304 (2016) et en reconnaissant les engagements supplémentaires faits par le gouvernement depuis le Communiqué conjoint du 4 septembre dernier, les 15 ont exprimé leur inquiétude face aux progrès insuffisants qui doivent se traduire par des améliorations concrètes sur le terrain. Ils ont demandé à Juba de respecter immédiatement ses engagements.

Les membres du Conseil ont indiqué qu'ils étaient disposés à envisager de prendre des mesures supplémentaires pour empêcher une nouvelle escalade de la violence et des conflits, y compris des sanctions potentielles qui pourraient être appropriées pour faire face à la situation.

Les membres du Conseil de sécurité se sont engagés à travailler en étroite collaboration avec le Haut Représentant de l'Union africaine pour le Soudan du sud, l'ancien Président malien, Alpha Oumar Konaré et le Président de la Commission mixte de suivi et d'évaluation, l'ancien Président botswanais, Festus Mogae, pour revigorer le processus politique et concevoir une stratégie politique claire pour le règlement pacifique du conflit au Soudan du sud.

 

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